Préliminaires

Il existe une aura spéciale autour des salles de bal, quelles qu’elles soient. Leur apparat leur confère un cachet digne et austère qui s’imprègne sur leurs occupants dès leur entrée. Les tapisseries dorées obligent à les regarder de près et d’une moue dédaigneuse défient de trouver de quel matériau la structure sous-jacente est composée. Les chandeliers lancent des éclats hautains en chassés-croisés dont l’incandescence jaunâtre se heurte à l’argent de la coutellerie et au cristal des verres avant de se répandre sur les robes et vestons. Le tapis cache ses coutures aux regards gênés, ne laissant paraitre qu’une démarcation tirée au fil avec le plancher de bois dur dont le vernis se laisse prendre pour une mare d’huile fraichement répandue. Les chaises capitonnées ne trahissent leur origine qu’aux yeux coquins qui oseraient en inspecter le dessous et tomberaient impoliment sur une étiquette laissée là par mégarde. Les tables nappées, à l’instar des rondes dames assises devant elles, gardent secret leur âge et semblent se délecter du succès que leur apporte le tissu qui les entoure. Les couverts tous identiques miroitent comme les dents couronnées des gentilshommes qui les découvrent à chaque fois que leurs rires sociaux et trop nombreux leur fait pencher la tête par en arrière. Lire le reste de cette entrée »

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