L’étoffe des visionnaires

Sous l’aile de l’hégémonie et dans son ombre se trouvait un pays nordique pour lequel personne n’avait ni sympathie, ni dédain. Il y régnait un semblant d’ordre calqué sur son impérialiste voisin du sud, une paix accordée aux citoyens selon le plus ancien principe de gouvernance connu: gardez la population distraite et nourrie et elle sera docile et incapable de la moindre action populaire d’envergure. Le confort était devenu routine; qui pouvait blâmer quiconque de ne pas vouloir sortir de cet état de douce torpeur? Fondée sur des principes démocratiques, cette république se rendait aux urnes à toutes les quatre années pour y élire un chef, homme ou femme qui sortait toujours plus ou moins du même moule, amenant sur le seuil des citoyens de grandes questions de société comme l’état des infrastructures de transport ou le sigle qui apparaîtrait sur tel ou tel papier, question que les médias, avides d’imprimer de la monnaie, amplifiaient sans scrupules. Pendant que les troupes de la voisine hégémonie avançaient pour établir et maintenir l’ordre mondial, les minuscules querelles et scandales qui frappaient ce pays du nord gardaient le peuple occupé et content de voir à ses affaires. Lire le reste de cette entrée »

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Je vois…

Des images se forment devant moi, issues d’une distortion dans le temps. Je vois se dérouler devant moi le fil d’une nouvelle histoire, elle vient du futur sans doute.

Je vois…

L’heuristique

Moments de raison

J’ai trop d’imagination, elle me fait mal. Elle cherche à sortir et cela fait des années que je l’en empêche, que je la serre et l’étouffe parce que j’ai toujours eu peur d’elle. Elle est vorace, elle hurle et crie sans cesse, elle envahit mes nuits et peuple mes rêves et les transforme en cauchemars. Mais je n’arrive pas à la noyer, il semble que plus je la garde sous l’eau, plus elle prend des forces. J’ai essayé de la brûler mais elle s’est nourrie du feu et a montré plus de rage que jamais.

Maintenant que j’ai quitté la terre, il ne me reste plus qu’elle. J’ai libéré la bête sans arrière-pensée. Elle me tiendra compagnie tant qu’il me restra assez de souffle pour continuer.

Quelle erreur d’avoir quitté mes semblables. Je me croyais plus fort et me voilà maintenant seul. Je dérive sans comprendre comment j’en suis arrivé là tout en observant ma planète qui s’éloigne. Quelle tristesse, je sens mon esprit me quitter et je m’accroche à ces quelques moments de raison pour essayer de saisir où tout cela a mal tourné. Mais ces moments se font rares, mon imagination a bien souvent main forte sur mes autres pensées et je délire…

Mes amis, terre entière, entendez-vous mes paroles? Saurez-vous tirer la raison du délire? Retournerez-vous les échos au néant, de là où ils sont venus?