<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"
	>

<channel>
	<title>Échos du néant</title>
	<atom:link href="http://leburt.wordpress.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://leburt.wordpress.com</link>
	<description>De la fiction sur toute la ligne, comme elle me vient, comme un roman qui s'écrit un jour à la fois</description>
	<lastBuildDate>Tue, 31 Jul 2007 06:13:28 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.com/</generator>
<cloud domain='leburt.wordpress.com' port='80' path='/?rsscloud=notify' registerProcedure='' protocol='http-post' />
<image>
		<url>http://s2.wp.com/i/buttonw-com.png</url>
		<title>Échos du néant</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com</link>
	</image>
	<atom:link rel="search" type="application/opensearchdescription+xml" href="http://leburt.wordpress.com/osd.xml" title="Échos du néant" />
	<atom:link rel='hub' href='http://leburt.wordpress.com/?pushpress=hub'/>
		<item>
		<title>Avatars</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com/2007/07/30/avatars/</link>
		<comments>http://leburt.wordpress.com/2007/07/30/avatars/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 31 Jul 2007 06:12:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leburt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Heuristique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leburt.wordpress.com/2007/07/30/avatars/</guid>
		<description><![CDATA[Mireille Gupta déglutit bruyamment lorsque les yeux se tournèrent vers elle. Mais qu&#8217;est-ce que je fais ici? Elle ne se rappelait pas avoir signé pour ce genre de travail mais maintenant qu&#8217;elle y pensait, elle ne se rappelait pas avoir signé pour quoi que ce soit avec ces gens qui la dévisageaient. À présent, elle [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=65&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mireille Gupta déglutit bruyamment lorsque les yeux se tournèrent vers elle. <em>Mais qu&#8217;est-ce que je fais ici?<br />
</em><br />
Elle ne se rappelait pas avoir signé pour ce genre de travail mais maintenant qu&#8217;elle y pensait, elle ne se rappelait pas avoir signé pour quoi que ce soit avec ces gens qui la dévisageaient. À présent, elle se demandait si elle n&#8217;aurait pas dû écouter la voix de sa raison qui faisait écho à celle de son frère jadis. Elle les entendait maintenant à l&#8217;unisson, lui faisant une morale qui ne réussissait qu&#8217;à en ajouter au stress du moment. <span style="font-style:italic;">Ne te lance pas là-dedans sans regarder où tu vas. Ces gens-là vont te ronger tout ton temps. C&#8217;est de la folie.</span></p>
<p>Si ça n&#8217;avait été qu&#8217;une question de temps, elle n&#8217;y songerait même pas. Elle avait toujours su que ceux qui suivent leurs passions sont ceux qui réussissent vraiment, peu importe le temps qu&#8217;ils y consacrent. Non, le temps n&#8217;y était certes pour rien, c&#8217;était plutôt la nature du travail qui l&#8217;angoissait à ce point. Elle avait passé bon nombre de journées dans le plus total des bonheurs, sise devant un écran à faire frémir ses doigts sur un clavier, lançant des commandes à des systèmes qu&#8217;elle commençait à peine à comprendre et qui la mettait constamment au défi. L&#8217;envers de la médaille ne se dévoilait à elle que présentement, face à des humains qui attendaient son compte rendu de l&#8217;intrusion qui avait jeté un serveur par terre et indirectement causé la désactivation d&#8217;un dixième des ressources à la disposition de l&#8217;heuristique.<span id="more-65"></span></p>
<p>Et dire qu&#8217;elle se trouvait autour de cette table, ici aujourd&#8217;hui parce que son patron n&#8217;avait pas pu se présenter. <span style="font-style:italic;">Mon patron. Je ne suis même pas payée, dois-je vraiment l&#8217;appeler mon patron?</span> La pensée la surprit tant elle était différente de celles qu&#8217;elle tenait lorsqu&#8217;elle avait décidé de donner sa contribution au NPL. Elle croyait aux idéaux du parti, elle ne jurait que par eux. Mireille se souvint que la décision de joindre l&#8217;équipe comme contribuant bénévole ne lui avait demandé aucun effort. Elle avait trouvé réponse à toutes les critiques et sarcasmes des membres de sa famille, tous aussi bleus que le drapeau du pays qu&#8217;ils avaient cousu sur le coeur. Elle avait fait des recherches sur l&#8217;histoire des membres fondateurs du parti et sondé leur passé pour mieux les connaitre. Elle avait quitté un emploi pour s&#8217;en trouver un autre, migrant du confort d&#8217;une pleine semaine de travail vers un marécage de temps partiel les soirs et weekends. Elle avait changé sa vie pour s&#8217;intégrer à ce groupe. Elle était prête à s&#8217;y soumettre sans autres questions.</p>
<p>Et voilà que devant ce groupe elle était littéralement figée.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Mireille? On t&#8217;écoute.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La voix ferme d&#8217;Edna Leclerc lui jeta de l&#8217;eau froide en plein visage. <span style="font-style:italic;">Je suis ici parce que j&#8217;en ai envie. Je suis ici parce que j&#8217;en ai envie.</span></p>
<p>&laquo;&nbsp;Euh&#8230; oui. Désolé madame Leclerc. J&#8217;ai écrit un rapport que je vous transmets.&nbsp;&raquo; Elle ranima son AV et appuya sur quelques boutons à son poignet. Le rapport traversa l&#8217;air sur des micro-ondes codées que seuls les membres du groupe pourraient recevoir.</p>
<p>&laquo;&nbsp;En résumé,&nbsp;&raquo; continua-t-elle, &laquo;&nbsp;l&#8217;intrusion a eu lieu à onze heures et treize minutes soit environ huit minutes après le début de la visite des journalistes dans le lab. Le timing semble trop parfait pour être ignoré et Jeff&#8230; pardon, monsieur Richard et moi pensons tous deux que c&#8217;est plus qu&#8217;une coïncidence.&nbsp;&raquo; Elle fit une pause en attendant une réaction qui ne vint pas. &laquo;&nbsp;C&#8217;est comme si on avait voulu que ça se produise en plein à cet instant pour que&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Oui Mireille, nous avions compris,&nbsp;&raquo; l&#8217;interrompis Edna Leclerc avec une touche d&#8217;impatience dans la voix. Elle ne semblait pas heureuse que Jeff ne se soit pas présenté en personne pour cette réunion importante. &laquo;&nbsp;Que savons-nous de la nature de l&#8217;attaque?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Mireille encaissa le coup sans ciller mais son coeur fit trois bonds avant qu&#8217;elle ne retrouve la parole. Pourquoi les exposés oraux était toujours si difficiles?</p>
<p>&laquo;&nbsp;Le serveur Wŭ qui se trouve être à la tête du cinquième anneau logique a été pénétré à l&#8217;aide du mot de passe administratif secondaire qui, comme son nom l&#8217;indique, donne à son utilisateur des privilèges restreints mais tout de même assez grands. Ce mot de passe peut par exemple arrêter des processus critiques ou se connecter aux autres serveurs. Fort heureusement, rien de cela n&#8217;a été accompli puisque cent quinze secondes après la détection de l&#8217;intrusion, Wŭ a été physiquement déconnecté du réseau ce qui a, par le fait même, déconnecté l&#8217;intrus. Conséquemment, nous avons perdu l&#8217;anneau cinq pendant plusieurs heures, le temps de vérifier l&#8217;intégrité du serveur et de changer tous les mots de passe du système. Wŭ a été reconnecté au réseau en fin d&#8217;après-midi. Rien n&#8217;est à signaler depuis.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Est-ce que la vérification d&#8217;intégrité a révélé quelque chose d&#8217;intéressant?&nbsp;&raquo; C&#8217;était l&#8217;ami de Jeff, l&#8217;arabe qui portait toujours un complet impeccable qui le rendait encore plus charmant et mystérieux. Mireille se tourna vers lui mais garda les yeux baissés.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Non, tous les fichiers sont intacts et aucune tentative de connexion vers les autres serveurs n&#8217;a été observée. Même après le débranchement sauvage de Wŭ nous n&#8217;avons presque rien perdu. Le processus de surveillance du réseau a bien fait son travail lorsqu&#8217;il a détecté la déconnexion. Aucune transaction n&#8217;a été perdue si ce n&#8217;est celles qui étaient en cours lors du débranchement, une dizaine au plus. Les dégâts sont mineurs.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Comment les intrus ont-ils obtenu le mot de passe? Il me semble qu&#8217;avec la constante paranoïa de Jeff&#8230;&nbsp;&raquo; dit Yanlee Giguère, le publiciste du NPL,  en ne terminant pas sa phrase.</p>
<p>Mireille resta silencieuse, incapable d&#8217;avouer devant ces gens qu&#8217;elle n&#8217;en savait rien.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Quelles sont les spéculations les plus plausible?&nbsp;&raquo; continua-t-il après un temps.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Eh bien, on peut presque éliminer la chance, une sur des centaines de trillions. Il est possible qu&#8217;il existe une faille de sécurité dans le système qui aurait été exploitée par l&#8217;intrus. À mon avis toutefois, c&#8217;est plus vraisemblablement de l&#8217;ingénierie sociale. Une fuite venant de l&#8217;intérieur. La provenance de l&#8217;attaque semble confirmer cette intuition. Nous avons retracé l&#8217;adresse qu&#8217;utilisait l&#8217;intrus à un réseau local ici même, dans cette ville.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Mireille s&#8217;étonna de voir que personne autour de la table ne semblait surpris de sa conclusion.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Quelle est ton opinion sur la raison de l&#8217;incident?&nbsp;&raquo; demanda Edna qui semblait avoir suivi jusqu&#8217;à présent tout le contenu technique que Mireille lui déballait.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Des jeunes pirates à la recherche d&#8217;un coup à mettre à leur CV.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Edna regarda Ahmed du coin de l&#8217;oeil puis finit par se tourner vers lui.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Que fait Dannie ces jours-ci?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ouf, Dannie&#8230; Après son divorce, nous nous sommes éloignés, ça fait surement plus de deux ans que nous ne nous sommes plus parlés. Je vais me mettre à sa recherche et voir s&#8217;il veut venir passer quelques jours avec nous,&nbsp;&raquo; conclut-il en devinant correctement la raison de cette question.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Bien. Autre chose à ajouter Mireille?</p>
<p>&laquo;&nbsp;Euh&#8230; non, pas pour l&#8217;instant, le reste est dans mon rapport.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ok. Oh, en passant, tu sais ou se cache Jeff? J&#8217;aimerais bien lui parler.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Non madame, il ne m&#8217;a rien dit d&#8217;autre que de me présenter ici pour livrer mon rapport. Il semblait pressé de partir d&#8217;après ce que j&#8217;ai pu constater.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Edna resta sans bouger puis secoua la tête rapidement comme pour chasser des pensées inappropriées. Au grand soulagement de Mireille, elle se tourna vers Ahmed pour la suite.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ahmed, tu veux bien raconter notre rencontre avec monsieur Desforges?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Certes.&nbsp;&raquo; Ahmed recula son siège et prit position pour faire face aux autres autour de la table. &laquo;&nbsp;Paul Desforges que vous connaissez tous est venu nous voir hier avec une nouvelle  chanson à son répertoire. Il dit que l&#8217;appui du Mouvement Gentile, et c&#8217;est clair que cet appui dont il parle est autant financier qu&#8217;idéologique, nous sera retiré tant et aussi longtemps que nous ferons la promotion de notre heuristique de recherche comme outil de gouvernance.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Yanlee, qui était assis juste à côté de Mireille, jeta les bras en l&#8217;air et les laissa retomber bruyamment sur la table de conférence.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je savais que ce crétin nous ferait faux bond,&nbsp;&raquo; dit-il trop fort. &laquo;&nbsp;Depuis le début qu&#8217;on flirte avec ces gens, on n&#8217;a pas besoin du MG, point final.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Edna ne se laissa pas convaincre par cette opinion.</p>
<p>&laquo;&nbsp;En ce moment, nous avons besoin de toutes les cartes dans notre jeu pour gagner cette élection et je ne suis pas prête à perdre l&#8217;appui des Gentiles si près de l&#8217;élection. J&#8217;ai demandé à Ahmed de vous en parler pour que tous soient au courant. Je veux aussi que vous sachiez que je compte bien trouver une solution pour marier les objectifs du Mouvement avec les nôtres sans que nous n&#8217;ayons à perdre le flambeau de notre campagne.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tout un flambeau,&nbsp;&raquo; se permit Yanlee qui affichait une colère grossissante. &laquo;&nbsp;Après l&#8217;intervention de Jeff cet après-midi devant les journalistes, les dernières manchettes font mention de &#8216;l&#8217;élection d&#8217;une machine&#8217; à la tête du pays. Je ne sais plus combien de fois j&#8217;ai répété de ne jamais faire référence à notre heuristique comme une intelligence artificielle. Les journaux vont nous dévorer demain matin à cause de lui.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ahmed éclata à son tour et Mireille fut témoin d&#8217;une facette de lui qu&#8217;elle n&#8217;avait jamais vue auparavant.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Suffit!&nbsp;&raquo; lança-t-il en se levant de son siège, le visage rouge de colère. &laquo;&nbsp;Je ne tolèrerai aucune intervention contre Jeff ou qui que ce soit d&#8217;autre en son absence. Je ne vois pas comment nous allons arriver à nos objectifs en regardant vers le passé et en jetant le blâme les uns sur les autres. Nous sommes sortis de situations bien pires, il est temps de regarder en avant et de trouver une solution au problème présent. Yanlee?&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&#8217;interpelé était blanc comme un drap, incapable de comprendre comment un homme aussi doux qu&#8217;Ahmed puisse faire preuve d&#8217;une si virulente colère. Yanlee baissa les yeux comme s&#8217;il voulait se replier. Peut-être avait-il envie de rejoindre Dannie, perdu à quelque part loin du NPL et de ses projets. Ou peut-être préparait-il une réponse qui attendrait le bon moment pour faire surface. Yanlee leva les yeux vers Ahmed puis regarda Edna.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je suis désolé. Je vais préparer une réponse officielle. Il me semble en avoir une à quelque part pour cette éventualité. À quelque part, je m&#8217;attendais à ce que ça arrive tôt ou tard&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Merci Yanlee,&nbsp;&raquo; fit Edna en s&#8217;avançant vers lui, les avant-bras sur la table comme pour appuyer sa sincérité. Quelques secondes après, toute trace de l&#8217;incident avait complètement disparu de l&#8217;air et on en profita pour faire une courte pause pour l&#8217;alléger davantage.</p>
<p>Quelle équipe tout de même, songea Mireille avec une touche d&#8217;admiration et de fierté d&#8217;en faire partie.</p>
<p>Au retour, la réunion prit un air de routine, on parla de candidats à investir, des points géographiques où la lutte serait serrée et par le fait même, cruciale. Mireille activa son AV et appela devant son oeil un programme de connexion au réseau privé du NPL. L&#8217;ordre du jour l&#8217;intéressait grandement; elle aurait aimé en savoir plus sur les sujets qui animaient son parti et qui n&#8217;avaient rien à voir avec un heuristique ou des réseaux de communication. Pourtant, elle jugeait que son temps serait plus justement employé à analyser les traces journalières de Wŭ et tenter d&#8217;en savoir un peu plus sur les méthodes employées par les intrus. Elle détourna son attention vers l&#8217;écran oculaire.</p>
<p>Ses doigts se mirent silencieusement en marche sur un de ses claviers. Mireille était de ceux qui avait appris très jeune l&#8217;utilisation des claviers polymorphes dont les touches variaient selon l&#8217;interface proposée par les logiciels. Les demandes d&#8217;entrées de données affichées à l&#8217;écran programmeraient le clavier pour ne permettre que la saisie des réponses possibles, oui, non, ok, merci. Les possibilités d&#8217;entrée avec ce type de clavier étaient illimitées mais Mireille avait remarqué que les logiciels utilisaient tous plus ou moins les mêmes designs d&#8217;interface, une norme <em>de facto </em>qui rendait à tous la vie plus facile. Par défi personnel, elle s&#8217;était forcée à maitriser la saisie à deux mains, une discipline qui lui avait demandé des mois de pratique et de patience.</p>
<p>Ces efforts lui permettaient aujourd&#8217;hui l&#8217;utilisation de deux claviers, un à chaque poignet et qui couvraient ses avant-bras d&#8217;une mince pellicule souple et transparente. En vogue depuis l&#8217;avènement des AV, ils avaient été conçus pour passer généralement inaperçus quoique certains aimaient les porter comme une pièce de vêtement, colorés et agencés, un gout personnel dont Mireille n&#8217;avait nul besoin. Pour l&#8217;instant, elle se limita à n&#8217;en utiliser qu&#8217;un seul.</p>
<p>Elle appela l&#8217;icône de connexion à distance et plaça son pouce sur le clavier. L&#8217;empreinte de son pouce confirma son identité et elle une porte s&#8217;ouvrit devant elle. Elle tapota gentiment sur son bras et pénétra dans la pièce virtuelle. Elle entendit la porte se fermer derrière elle. L&#8217;avatar de majordome de l&#8217;heuristique qui était toujours à son poste depuis sa mise en service remarqua son entrée et s&#8217;avança vers elle. Comme toujours, Mireille le trouva d&#8217;une désuétude déconcertante et se promit, une fois de plus, de faire quelque chose pour corriger l&#8217;apparence de cet icône né d&#8217;une idée mal conçue de ce que signifiait le verbe accueillir.</p>
<p>[Désires-tu consulter le synopsis actuel des résultats de recherche?] [Oui Non]. Elle appuya sur le côté droit de son clavier pour signifier que non.</p>
<p>L&#8217;avatar se retira, programmé pour ne plus poser de questions après un premier refus.</p>
<p>Mireille appela un terminal de commande et dut s&#8217;identifier à nouveau, cette fois par le pouce et l&#8217;index suivi d&#8217;un examen de l&#8217;iris. Le terminal administratif illimité se déploya devant elle sur un plan incliné, imitant la perspective de la table de conférence autour de laquelle elle siégeait. Un autre avatar, celui du système d&#8217;exploitation, s&#8217;installa dans un coin tout en gardant le silence.</p>
<p>Mireille entra une commande pour appeler l&#8217;interface linguistique naturelle qui lui permettrait de formuler ses questions dans un langage humain plutôt que machine. Depuis toujours elle trouvait que les recherches dans les données s&#8217;effectuaient plus facilement lorsque les questions étaient posées en français plutôt que dans le vieillissant Structured Query Language que certains préféraient. L&#8217;avatar s&#8217;avança vers le bord de la table et se plaça dans une position qui indiquait qu&#8217;il était à l&#8217;écoute.</p>
<p>[Je voudrais corréler les accès à Wŭ au moyen d'un compte administratif limité, en date de ce mercredi, entre onze heures et onze heures trente, avec toutes les traces passées, en commençant par la date la plus récente]</p>
<p><em>Je voudrais bien voir à quoi cette commande ressemblerait en SQL</em>. Mireille étouffa un rire en attendant que l&#8217;ordinateur analyse sa commande et effectue la recherche. La réponse fut rapide.</p>
<p>Mireille laissa échapper un grognement qui ne passa pas inaperçu dans l&#8217;assemblée. Les voix se turent et celle d&#8217;Edna fit surface.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Mireille? Tu es encore avec nous?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Oui madame Leclerc. Un instant s&#8217;il vous plait.&nbsp;&raquo;</p>
<p>De ses deux mains maintenant, elle se mit à converser avec l&#8217;avatar du système de base de données à une vitesse qui provoqua quelques exclamations chez ses collègues. Son oeil regardait les réponses du système, non pas un mot à la fois mais dans leur intégrité, sans les lire mais en les comprenant immédiatement comme une image qui évoque une signification instantanée. Son rythme s&#8217;accéléra devant tous qui n&#8217;avaient d&#8217;yeux que pour elle et qui attendaient sa réponse. Son pouls s&#8217;accéléra pour atteindre un sommet lorsque enfin elle comprit ce que l&#8217;ordinateur essayait de lui dire.</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&#8217;aimerais ajouter un post-scriptum à mon rapport,&nbsp;&raquo; dit-elle en poussant l&#8217;écran de son AV de côté et se tournant vers Edna. &laquo;&nbsp;Notre visiteur clandestin est venu nous voir à douze reprises avant l&#8217;incident d&#8217;aujourd&#8217;hui.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je ne peux pas dire que je suis surprise,&nbsp;&raquo; répliqua Edna, &laquo;&nbsp;il aura bien fallu qu&#8217;il s familiarise avec notre système avant de frapper.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Vrai,&nbsp;&raquo; continua Mireille qui soudainement n&#8217;affichait plus la moindre trace d&#8217;angoisse, &laquo;&nbsp;mais ce qui surprend le plus c&#8217;est que malgré les précautions que nous avons prises pour que ça ne se reproduise plus, l&#8217;intrus est présentement connecté à Wŭ&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&#8217;air de la salle de réunion fut soudainement parcouru d&#8217;une charge d&#8217;électricité statique qui fit s&#8217;hérisser les poils de ses occupants.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leburt.wordpress.com/65/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leburt.wordpress.com/65/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leburt.wordpress.com/65/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leburt.wordpress.com/65/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leburt.wordpress.com/65/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leburt.wordpress.com/65/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leburt.wordpress.com/65/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leburt.wordpress.com/65/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leburt.wordpress.com/65/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leburt.wordpress.com/65/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leburt.wordpress.com/65/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leburt.wordpress.com/65/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leburt.wordpress.com/65/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leburt.wordpress.com/65/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leburt.wordpress.com/65/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leburt.wordpress.com/65/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=65&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leburt.wordpress.com/2007/07/30/avatars/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/594af710db4806119ef8184cc3f1d6ac?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">LeBurt</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Alarmes</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com/2007/07/07/alarmes/</link>
		<comments>http://leburt.wordpress.com/2007/07/07/alarmes/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 08 Jul 2007 06:18:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leburt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Heuristique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leburt.wordpress.com/2007/07/07/alarmes/</guid>
		<description><![CDATA[Un courant d&#8217;air froid fouetta le visage de Jeff Richard et ses tympans se mirent à vibrer en sympathie avec de nouvelles harmoniques: celle des climatiseurs Liebert qui perdaient autant d&#8217;énergie en bruit qu&#8217;ils n&#8217;en n&#8217;aspiraient à l&#8217;atmosphère environnante. Pas étonnant que ces dinosaures n&#8217;arrivent pas à dépasser les soixante pour cent d&#8217;efficacité, beaucoup trop [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=64&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un courant d&#8217;air froid fouetta le visage de Jeff Richard et ses tympans se mirent à vibrer en sympathie avec de nouvelles harmoniques: celle des climatiseurs Liebert qui perdaient autant d&#8217;énergie en bruit qu&#8217;ils n&#8217;en n&#8217;aspiraient à l&#8217;atmosphère environnante. <em>Pas étonnant que ces dinosaures n&#8217;arrivent pas à dépasser les soixante pour cent d&#8217;efficacité, beaucoup trop de pièces mobiles.</em> Il rêvait d&#8217;équiper son <em>lab</em> des derniers thermoélectriques Peltier. En fait, il y aurait certainement quelques articles à mettre au rancart, même eBay arriverait à les remplacer pour des modèles plus récents. Comme ce Dense Wavelength Division Multiplexer, une antiquité depuis l&#8217;arrivée des canons à photons à large bande qui permettait des télécommunications sur tout le spectre de la fibre optique. <em>Beaucoup plus qu&#8217;il nous en faut.</em></p>
<p>Malgré toutefois la désuétude des équipements en place, l&#8217;ensemble fonctionnait et pour Jeff, c&#8217;était là tout ce qui comptait. <em>Comme dit la maxime: si ce n&#8217;est pas brisé&#8230; On aura bien le temps de rafistoler tout ça quand les yeux se tourneront vers nous.</em> Il prit note mentalement de féliciter l&#8217;équipe du lab plus souvent. Mireille est ses garçons, bénévoles, talentueux, dévoués, qu&#8217;aurait-il fait sans eux? Jeff décida qu&#8217;il les emmènerait manger ou se saouler la gueule ou peut-être les deux. <em>Les jeunes apprécieront.</em><span id="more-64"></span></p>
<p>Il gravit la pente de la passerelle et se retourna pour entrer dans les bureaux du lab. Audrey Wong l&#8217;y attendait, Mireille était concentrée sur son poste de travail et il n&#8217;osa pas la déranger. Il glissa la porte et la referma tout de suite derrière lui. Le bruit se réduit à de sourdes fréquences étouffées.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tu es prêt?&nbsp;&raquo; dit Audrey, énervée par l&#8217;ampleur du moment.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Audrey, si je n&#8217;ai pas fait ça cinquante fois&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tu n&#8217;as jamais parlé à quarante millions de gens à travers le réseau national, traduit en trois langues. Alors écoute, c&#8217;est important.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeff prit un air exaspéré.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est comme d&#8217;habitude Audrey, je ne change rien à mon programme habituel. Les visiteurs vont voir les appareils de notre laboratoire technologique dans le même ordre avec les mêmes discours, que tu avais écrits d&#8217;ailleurs tu t&#8217;en souviens, dits exactement dans le même ordre. Je m&#8217;attends même à recevoir les mêmes questions des visiteurs  auxquelles je répondrai exactement dans le même ordre de d&#8217;habitude. Je ne vois pas où est le problème Audrey.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Arrête de faire de l&#8217;ironie Jeff, ce n&#8217;est pas l&#8217;ordre qui me préoccupe, c&#8217;est ledit discours que tu ne sembles pas capable de suivre d&#8217;une visite à l&#8217;autre. Tes improvisations nous ont déjà attiré des questions difficiles, ça tu t&#8217;en souviens?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeff leva solennellement la main. &laquo;&nbsp;Je m&#8217;en tiens au discours officiel, c&#8217;est promis. Ça va comme ça?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Audrey renifla, tint sa pose un instant, puis sourit. Elle savait que la meilleure chose à faire avant une performance de Jeff était de le détendre. Il pouvait sembler confiant mais son stress lui faisait souvent commettre des erreurs. Elle changea de tactique.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ok, monsieur Richard. En passant, tu sais que tu as le physique parfait de l&#8217;emploi, Yanlee et moi en discutions justement l&#8217;autre jour.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il fit semblant d&#8217;être offusqué. &laquo;&nbsp;Ah oui, comment ça?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ben, t&#8217;es un peu rond et tu portes la moustache comme les gars au Canal Z. Tes cheveux semblent abandonner le navire mais ceux qui te restent sont assez longs pour te faire trois perruques. Ta cravate est trop courte et tes souliers portent une étiquette comme quoi ils sont isolés contre les chocs électriques. Finalement, tu as la marque de ton terminal AV imprégné autour de l&#8217;oreille et sur la tempe.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tu crois que je devrais le garder sur moi pour l&#8217;entrevue,&nbsp;&raquo; fit Jeff en exagérant, comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;une question importante.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ah tiens, pourquoi pas. Mettons-y le paquet mais sois conscient que tu devras désormais le porter lors de toutes tes rencontres publiques, j&#8217;y veillerai.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeff ne sut si elle plaisantait mais pêcha quand même de sa poche son terminal AudioVisio qu&#8217;il entoura sur son oreille. L&#8217;écran scintilla un instant devant son oeil mais s&#8217;éteignit lorsque le processeur de l&#8217;AV s&#8217;aperçut que le clavier n&#8217;était pas à portée du terminal. L&#8217;AV serait en mode alerte seulement.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ok Jeff, je vais rester ici pendant la visite, n&#8217;hésite surtout pas à m&#8217;appeler si tu as besoin.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Promis. Tout ira bien,&nbsp;&raquo; répondit Jeff en glissant la porte. Il tourna le dos aux dames du bureau et repartit en direction de la passerelle. À travers la baie vitrée du lab il pouvait voir l&#8217;aire de réception des bureaux qui s&#8217;emplissait déjà de visiteurs et de journalistes. Il toussa une ou deux fois pour s&#8217;éclaircir la gorge avant de laisser la grande porte du lab s&#8217;ouvrir devant lui. Il afficha son meilleur sourire et alla accueillir ses invités.</p>
<p align="center">***************</p>
<p align="left">La troupe s&#8217;approcha des terminaux de télécommunications. La voix de Jeff s&#8217;éleva au dessus du bruit.</p>
<p align="left">&laquo;&nbsp;Nos communications avec l&#8217;extérieur se font exclusivement par fibre optique et sont pleinement redondantes&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p align="left">&laquo;&nbsp;Est-ce à dire que vous observez une stricte diversité de route?&nbsp;&raquo; demanda un jeune homme qui portait lui-aussi la moustache et qui parut à Jeff comme un type sympathique.</p>
<p align="left">&nbsp;</p>
<p align="left">&nbsp;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Parfaitement,&nbsp;&raquo; répondit Jeff pour le bénéfice des journalistes qui n&#8217;auraient pas compris la question plus technique. &laquo;&nbsp;Si un câble de fibre est coupé à quelque part, nous avons des routes alternatives qui assurent que la communication reste active en tout temps.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le jeune homme poursuivit. &laquo;&nbsp;On dit que cet endroit est rescapé d&#8217;un institut de recherche en télécommunications. Pourriez-vous confirmer et élaborer?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je pourrai vous en dire plus sur la question lorsque nous serons de retour dans le salon mais brièvement c&#8217;est exact. L&#8217;institut donnait autrefois de la formation technique et abritait une équipe de chercheurs en applications mobiles. Il ne sont malheureusement pas arrivés à suivre le pas de course que leur imposait l&#8217;industrie et ont dû fermer leurs portes il y a quelques années. Nous avons eu la chance de pouvoir utiliser leurs locaux forts bien aménagés et même d&#8217;acheter une grosse part de l&#8217;équipement que vous voyez ici à un prix ridiculement avantageux. Je pense que les dirigeants sortants ont aimé ce que nous projetions en faire.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeff jeta un regard invitant d&#8217;autres questions. Les invités prenaient des notes, hochaient la tête et discutaient discrètement avec leurs collègues. Jeff comprit qu&#8217;il pouvait passer à la station suivante. Il amena la foule près d&#8217;une vitre qui donnait sur une pièce séparée, protégée par une porte dont la serrure paraissait fabriquée pour un coffre fort. La pièce était vide de personnel et, par mesure de sécurité, les écrans tous éteints pour éviter que des yeux indiscrets ne puissent capter des informations privées ou confidentielles.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ici vous pouvez voir la salle des serveurs. Ces ordinateurs sont programmés pour recueillir et ensuite analyser les données que vous entrez à tous les jours sur vos terminaux fixes ou mobiles.&nbsp;&raquo; Jeff se tourna vers un diagramme placé là pour les visiteurs. &laquo;&nbsp;Ce diagramme se trouve dans vos pochettes d&#8217;information. Vous pouvez constater que les différents noeuds de ce dessin sont reliés en anneaux que nous appelons affectueusement les FLR, Feedback Logic Rings ou Anneaux Logiques à Rétroaction. C&#8217;est en gros la méthode dont se sert notre heuristique d&#8217;analyse pour distribuer la tâche à tous les terminaux participants.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Euh, vous me perdez,&nbsp;&raquo; fit un homme dans la cinquantaine qui jusque là ne semblait être venu que pour profiter de l&#8217;hospitalité du NPL, &laquo;&nbsp;vous dites distribuer la tâche? Ce ne sont pas vos serveurs qui analysent les données?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Non, nos serveurs utilisent le vaste réseau de terminaux, dont le vôtre fait partie, pour compléter ses analyses. Il n&#8217;existe pas à ce jour de processeur assez puissant pour effectuer cette tâche à lui seul. Le principe est simple: on assigne à chaque terminal, via les FLR, une parcelle d&#8217;information à analyser. Le terminal transmet les réponses une fois l&#8217;analyse terminée et le jeu reprend du début.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Alors pourquoi des anneaux?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeff aurait voulu dire que c&#8217;était là l&#8217;idée d&#8217;une dame de génie qui avait conçu l&#8217;heuristique mais Audrey lui avait spécifiquement demandé de s&#8217;en tenir au scénario. Il chassa l&#8217;image de Jeanne Ruger avant de répondre.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est la façon la plus simple de coder notre heuristique de recherche. Nous travaillons en ce moment à la prochaine génération qui utilisera des étoiles, plus efficaces mais qui demandent plus des processeurs dans vos terminaux. Les étoiles ne seront vraisemblablement pas pratiques avant une dizaine d&#8217;années mais les gains en performance que nous obtiendrons seront importants. Le réseau deviendra alors très similaire à un cerveau, les terminaux deviendront ses neurones.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Un murmure parcourut le groupe, les invités se regardèrent et Jeff se demanda s&#8217;il avait dit quelque chose qu&#8217;il ne fallait pas. La réponse à la question était pourtant honnête et franche. L&#8217;écran de son AV scintilla et le haut-parleur dans son oreille émit le grésillement qui indiquait une transmission entrante. Il ne pourrait pas répondre en l&#8217;absence de son bracelet-clavier mais se prépara à recevoir en approchant l&#8217;écran de son oeil. Le visage de Mireille se cristallisa devant lui.</p>
<p>[<em>Jeff, nous avons un intrus dans le système. Le serveur Wŭ semble compromis. J'essaie en ce moment de protéger les autres serveurs mais il faut entrer dans la salle et déconnecter Wŭ maintenant. Je sais que tu ne peux pas répondre alors j'assume que tu t'en occupes.</em>]</p>
<p>Un des invités enchainait avec une autre question au moment où Jeff replaçait l&#8217;écran de son AV contre sa tempe.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Alors si je comprends bien, le programme du NPL couvre le développement d&#8217;une intelligence artificielle pour nous gouverner, c&#8217;est ça?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeff regarda distraitement l&#8217;invité et lui demanda de répéter la question. Pendant ce temps, il se dirigea vers la porte de la salle des serveurs et plaça sa paume sur le lecteur en même temps qu&#8217;il entrait le code de la porte de l&#8217;autre main. Il fit une pause pendant que les loquets tournaient et se retourna vers l&#8217;homme qui avait posé la question. Le message de Mireille résonnait encore dans sa tête. <em>Pourquoi maintenant? La déconnexion de Wŭ entrainera la chute du réseau 5.</em></p>
<p>&laquo;&nbsp;Euh, en quelque sorte oui.&nbsp;&raquo; Il ouvrit la porte et s&#8217;excusa de devoir abandonner le groupe un court instant. Il referma la porte derrière lui. Son front se mit à perler, les gouttelettes s&#8217;agglomérèrent malgré la température maintenue constante aux alentours de quinze degrés. Les visages des invités se pressèrent sur la vitre.</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&#8217;aurais dû les amener à la station suivante avant d&#8217;entrer ici,&nbsp;&raquo; constata-t-il tout haut lorsqu&#8217;il les vit à l&#8217;affut des ses moindres gestes. <em>Tant pis, trop tard.</em></p>
<p>Il se glissa derrière un panneau d&#8217;interconnexion et chercha les prises reliées à Wŭ, quatre au total. Une à une il les arracha de leur coupleur, des lampes jaunes s&#8217;allumèrent, puis une orange et enfin une rouge lorsqu&#8217;il déconnecta la dernière. Une alarme sonore retentit, une simple note métallique répétée à toutes les secondes. Il appuya sur la commande pour faire taire l&#8217;alarme mais les lampes restèrent allumées. Il sortit rejoindre le groupe de journaliste qui se demandait ce qui venait de se passer.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Excusez-moi, je viens de recevoir un message de mon assistante qui m&#8217;a avisé d&#8217;un problème technique sur un de nos serveurs. J&#8217;ai dû le déconnecter du réseau en attendant que quelqu&#8217;un vienne réparer la panne. Comme vous avez pu le constater, en exclusivité, notre système d&#8217;alarme fonctionne à merveille. C&#8217;est grâce à lui que nous sommes en mesure d&#8217;assurer un service constant&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeff poursuivit la visite et accompagna ses invités jusqu&#8217;à la fin du parcours. La journée et même la nuit s&#8217;annonçaient longues.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leburt.wordpress.com/64/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leburt.wordpress.com/64/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leburt.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leburt.wordpress.com/64/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leburt.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leburt.wordpress.com/64/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leburt.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leburt.wordpress.com/64/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leburt.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leburt.wordpress.com/64/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leburt.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leburt.wordpress.com/64/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leburt.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leburt.wordpress.com/64/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leburt.wordpress.com/64/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leburt.wordpress.com/64/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=64&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leburt.wordpress.com/2007/07/07/alarmes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/594af710db4806119ef8184cc3f1d6ac?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">LeBurt</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Carrefour</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com/2007/07/03/carrefour/</link>
		<comments>http://leburt.wordpress.com/2007/07/03/carrefour/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 05:33:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leburt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Heuristique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leburt.wordpress.com/2007/07/03/carrefour/</guid>
		<description><![CDATA[Ahmed Mohammed Ait-Khader coupa le moteur mais resta assis dans sa voiture malgré qu&#8217;il fut déjà en retard. L&#8217;écran de son assistant numérique clignotait devant ses yeux et l&#8217;ordinateur de bord de sa voiture lui répéta qu&#8217;il recevait un appel vidéo de son fils. Avant le lancement de la campagne, il avait bien pris le [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=63&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ahmed Mohammed Ait-Khader coupa le moteur mais resta assis dans sa voiture malgré qu&#8217;il fut déjà en retard. L&#8217;écran de son assistant numérique clignotait devant ses yeux et l&#8217;ordinateur de bord de sa voiture lui répéta qu&#8217;il recevait un appel vidéo de son fils. Avant le lancement de la campagne, il avait bien pris le temps de lui expliquer que son travail lui demanderait un peu plus que d&#8217;habitude et qu&#8217;il devrait passer les weekends seuls avec sa mère. Ali était un garçon raisonnable, il avait acquiescé poliment avec cette étincelle dans l&#8217;oeil qui annonçait qu&#8217;il avait compris. Ce matin pourtant, il devait avoir oublié que la routine du samedi était désormais changée. Si c&#8217;était le cas, Ahmed vit là une belle occasion de renforcer la leçon un peu plus. Il signifia à l&#8217;ordinateur de prendre l&#8217;appel.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Papa? Tu ne m&#8217;a pas réveillé?&nbsp;&raquo; Sa voix et ses yeux portaient encore les traces de la nuit mais le ton du garçon accusait néanmoins.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ali,&nbsp;&raquo; répondit Ahmed fermement, &laquo;&nbsp;as-tu oublié comment débuter une conversation?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Bonjour Papa, c&#8217;est Ali.&nbsp;&raquo;<span id="more-63"></span></p>
<p>&laquo;&nbsp;Bonjour Ali, tu as bien dormi?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Oui. Tu es parti tôt ce matin. Je pensais que nous allions au Café Fauchet.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ali, tu te souviens de ce que nous avons parlé la semaine dernière, que je passerais plus de temps au travail jusqu&#8217;à la fin des élections?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Oui.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Eh bien c&#8217;est commencé. On ne pourra pas aller au Café Fauchet pour un certain temps.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Mais papa, tu ne m&#8217;avais pas dit ça!&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ahmed sut tout de suite où ce raisonnement mènerait Ali. Le garçon montrait une capacité croissante à bien structurer ses idées et à les présenter logiquement. Ahmed écouta la suite en anticipant les remontrances voilées que lui servirait son fils.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je suis triste que tu sois parti sans me dire au revoir.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ahmed cacha sa surprise. Ali venait d&#8217;emprunter un nouveau chemin, celui de l&#8217;expression d&#8217;un sentiment. Il se sentit temporairement désarçonné face à cette tirade qui trahissait l&#8217;éducation de la mère du jeune homme, son adorée Wafa qui montrait un talent fabuleux avec les enfants autant qu&#8217;avec les chiffres de sa profession.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tu as raison Ali, je suis désolé,&nbsp;&raquo; fut la seule réponse qui lui parut appropriée pour le moment.</p>
<p>&laquo;&nbsp;La prochaine fois papa, n&#8217;oublie pas de me le dire avant de manquer un rendez-vous.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est promis.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il mit fin à la conversation. Une fierté sincère l&#8217;envahit à l&#8217;idée qu&#8217;il venait de recevoir lui-même la leçon qu&#8217;il s&#8217;était promis de donner. Il espéra tout de même en sortant de la voiture que la rencontre de ce matin irait dans une autre direction. Ses pas le conduisirent devant la porte du bureau d&#8217;Edna et il frappa doucement avant d&#8217;entrer.</p>
<p>Les locaux qu&#8217;occupait le NPL avaient quelque peu grandi depuis les premiers jours où chacun opérait de sa résidence. Le parti avait depuis engagé une assistante administrative, un comptable et deux techniciens en informatique qui occupaient tous des postes permanents. D&#8217;autres bureaux comme ceux-ci existaient dans les grands centres métropolitains du pays. Ils accueillaient eux aussi les candidats à l&#8217;élection prochaine, un pour chaque comté du pays.</p>
<p>Ahmed tourna doucement la poignée après une attente respectueuse et jeta un oeil à l&#8217;intérieur. Edna qui faisait face à la porte avait les bras croisés et était appuyée contre le devant de son bureau. Elle lui fit signe d&#8217;entrer sans s&#8217;arrêter de parler et croisa les mains sur ses cuisses. Enfoncé dans un fauteuil se trouvait devant elle Paul Desforges, toujours le même, convaincant et passionné de politique autant que pour son propre Mouvement Gentile. Il ne tourna pas la tête et lança sa réplique dans une discussion qui paraissait des plus sérieuses.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Edna,&nbsp;&raquo; lança-t-il d&#8217;un air sur le point de perdre patience, &laquo;&nbsp;ça fait trois fois que tu emploies l&#8217;expression &#8216;vraie démocratie&#8217; depuis une demi-heure et je ne suis pas encore arrivé à te faire expectorer une définition concise de ces mots.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Edna sembla réfléchir mais Ahmed savait qu&#8217;elle jouait la comédie, elle voulait donner l&#8217;impression au patriarche qu&#8217;elle allait improviser ce qui allait suivre. Elle regarda Ahmed du coin de l&#8217;oeil comme pour confirmer ses doutes.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Eh bien mon cher Paul à ta question je répondrais ceci. La vraie démocratie est celle qui donne aux citoyens d&#8217;un pays le pouvoir de le gouverner. Ça sonne bien tu ne trouves pas? C&#8217;est d&#8217;ailleurs le slogan de notre campagne.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Paul Desforges se tourna vers Ahmed, un pli de malice sur le nez.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Elle aime ça me mener en bateau. Sacré femme!&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Désolé pour le retard,&nbsp;&raquo; fit Ahmed en s&#8217;asseyant, &laquo;&nbsp;je sors tout juste d&#8217;une leçon de morale avec Ali. C&#8217;est mon fils,&nbsp;&raquo; finit-il dans la direction de Paul.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il ne faut pas manquer une occasion avec nos jeunes,&nbsp;&raquo; répondit le Gentile, &laquo;&nbsp;c&#8217;est d&#8217;ailleurs le plus grand problème avec notre époque, nous avons réussi à dépersonnaliser et l&#8217;éducation de nos petits jusqu&#8217;à la privatisation complète de notre système scolaire. Je n&#8217;arrive toujours pas à croire que Wal-Mart puisse faire autant pour les écoles tout en oubliant totalement ses intérêts commerciaux. Je ne mords pas.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Pas plus que la population d&#8217;ailleurs,&nbsp;&raquo; répondit Edna, &laquo;&nbsp;nous avons soumis la question à notre Heuristique de recherche et il semble qu&#8217;il y ait une forte majorité de gens qui soit en désaccord avec la direction actuelle du système d&#8217;éducation.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Vous pensez vraiment gagner les élections avec votre robot?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ahmed intervint.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Notre robot ne gagnera pas cette élection. Il nous fournira les réponses pour que nous,&nbsp;&raquo; il se tapa la poitrine et indiqua Edna, &laquo;&nbsp;la gagnions. Depuis la mise en service de l&#8217;heuristique, la valeur des données que nous avons obtenues et qui reflètent l&#8217;opinion générale est inestimable. Ces données sont notre phare Paul, avec elles nous voyons plus clair qu&#8217;aucune autre organisation politique dans toute l&#8217;histoire de l&#8217;humanité.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Alors si c&#8217;est aussi puissant que tu me le dis, pourquoi les autres n&#8217;emboitent-ils pas le pas? Pourquoi êtes-vous le seul parti politique à faire appel à un réseau d&#8217;ordinateurs pour gouverner?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ah, une question très pertinente pour laquelle il y a plusieurs réponses.&nbsp;&raquo; Edna se leva et pris place sur le divan près d&#8217;Ahmed, une position de force. <em>Nous contre eux</em>. &laquo;&nbsp;Primo: il y a encore beaucoup de, pardonne-moi l&#8217;expression, réfractaires bornés dans les rangs. Secundo: jusqu&#8217;à présent, l&#8217;Heuristique n&#8217;est qu&#8217;un jouet qui n&#8217;a pas encore été mis au test. Ce n&#8217;est pas encore tout le monde qui y croit. Tertio: il n&#8217;y a que nous qui avons le &laquo;&nbsp;bon&nbsp;&raquo; Heuristique. D&#8217;autres ont essayé mais ont échoué. Notre programme est le meilleur qui soit.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Foutaises! Edna, tu sais que le NPL ne tiendra pas une année au pouvoir avec cette stratégie. Sincèrement, je ne sus même pas certain que vous puissiez gagner l&#8217;élection. Tu vois ce qui est écrit sur vous dans les médias? La vision du NPL est sans cesse questionnée. Votre Heuristique, ce jouet comme tu le qualifies, n&#8217;a rien accompli de concret dans le dernier mandat et ce malgré une représentation importante en chambre. Tel que je le vois Edna, votre succès à bien plus à voir avec votre intelligence collective et au grand talent de gens comme Ahmed et toi qu&#8217;aux élucubrations binaires de votre calculette géante.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Comme toujours, tu as droit à ton opinion Paul.&nbsp;&raquo; Edna leva les yeux et regarda Ahmed, l&#8217;air exaspéré de devoir entendre le discours de Desforges encore une fois.<br />
&laquo;&nbsp;C&#8217;est bien plus qu&#8217;une opinion!&nbsp;&raquo; Le ton venait de changer, ces dernières paroles étaient sorties avec véhémence. Paul se redressa et s&#8217;assit sur le bord de son siège. &laquo;&nbsp;Je ne vois pas comment vous pourrez gagner sans l&#8217;appui du Mouvement. Nous avons été là depuis le début, tu te souviens Ahmed? Ta visite juste après la mort d&#8217;Alexander?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Edna le regarda froidement sans dire un mot. <em>Comment cet ingrat ose-t-il me parler d&#8217;Alex?</em> Elle écouta la suite.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Sans notre aide, vous seriez encore en train de distribuer des prospectus dans les supermarchés. Vous ne pouvez pas le nier, sans le Mouvement Gentile, il n&#8217;y aurait pas ne NPL aujourd&#8217;hui.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ahmed et Edna eurent à peu près les mêmes pensées. Ce qu&#8217;il venait de dire était vrai. Le NPL avait grandement profité de la croissance du Mouvement. Les deux organisations étaient liées par le coeur comme des siamois que les médecins n&#8217;auraient pas réussi à séparer sans les tuer tous les deux. Et pourtant, malgré sa popularité, le Mouvement ne faisait pas l&#8217;unanimité dans l&#8217;opinion publique. La question avait été discrètement soumise à l&#8217;Heuristique et les réponses était claires: ici dans ce pays le Mouvement stagnait. Ailleurs dans le monde, le déclin semblait plus évident. La plus grande des néo-religions, forte de son demi-milliard de Gentiles, paraissait aujourd&#8217;hui comme un colosse de verre au bord de son piédestal.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il est vrai que le Mouvement nous a bien aidé et c&#8217;est en grande partie grâce à ton aide Paul.&nbsp;&raquo; La voix d&#8217;Edna avait pris une texture de glycérine. &laquo;&nbsp;Où veux-tu en venir avec cette discussion?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est exactement pour discuter de ceci que j&#8217;ai demandé à vous voir. Ce que je vais vous dire représente la position officielle du Mouvement Gentile face à la campagne du NPL qui débute.  Nous ne croyons pas que votre stratégie actuelle ne soit la bonne. Nous désirons voir une campagne axée sur une image jeune, professionnelle et intelligente de ses membres plutôt que sur les exploits d&#8217;une machine pseudo-intelligente.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ahmed et Edna écoutaient avec attention sans interrompre, sachant tous les deux que la bombe qui tombait présentement allait creuser un énorme cratère dans leurs plans.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nous demandons ainsi,&nbsp;&raquo; poursuivit Desforges, &laquo;&nbsp;une réécriture en profondeur du manifeste du NPL. Le mouvement veut appuyer un parti traditionnel aux valeurs humaines, dénué de toute aide artificielle qu&#8217;elle quelle soit. En d&#8217;autres mots, jamais le Mouvement n&#8217;appuiera le NPL tant que votre Heuristique ne sera pas retiré de l&#8217;équation politique.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Edna explosa hors de son siège et se retourna prestement vers son bureau.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Voyons Paul, qu&#8217;est-ce que tu me racontes? Comme nous pouvions changer notre manifeste en pleine campagne, c&#8217;est de la folie! Il me semble que tu aurais été plus crédible si tu avais mentionné ceci il y a dix ans, pas maintenant!&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Crois-moi Edna, j&#8217;ai bien essayé mais avec ta tête de mule, tu me forces à jouer le jeu à ma façon.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&#8217;ai bien peur qu&#8217;il soit trop tard pour cela! Ce que tu me demandes est impossible. Nous ferions mieux de fermer le parti et rentrer chez nous.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tu sais que c&#8217;est faux. Tu l&#8217;as dit toi-même: l&#8217;Heuristique n&#8217;est qu&#8217;un jouet qui demande à faire ses preuves. Il ne serait que trop facile, dans l&#8217;intérêt d&#8217;un gouvernement sain et humain, de reporter sa mise en service officielle. Un report infini.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Malgré sa réticence, Ahmed lui concéda le point. Le NPL avait fait de belles percées sur d&#8217;autres fronts. Et l&#8217;appui du Mouvement n&#8217;était pas lui non plus négligeable.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Et si nous refusons?&nbsp;&raquo; dit-il après un silence.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nous refusons,&nbsp;&raquo; fut la seule réponse de Paul Desforges.</p>
<p>Ahmed et Edna le regardèrent partir, son parapluie à la main malgré le soleil d&#8217;un printemps hâtif qui perçait l&#8217;épais tapis de dioxyde de carbone et laissait présager une autre saison trop chaude.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leburt.wordpress.com/63/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leburt.wordpress.com/63/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leburt.wordpress.com/63/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leburt.wordpress.com/63/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leburt.wordpress.com/63/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leburt.wordpress.com/63/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leburt.wordpress.com/63/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leburt.wordpress.com/63/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leburt.wordpress.com/63/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leburt.wordpress.com/63/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leburt.wordpress.com/63/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leburt.wordpress.com/63/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leburt.wordpress.com/63/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leburt.wordpress.com/63/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leburt.wordpress.com/63/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leburt.wordpress.com/63/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=63&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leburt.wordpress.com/2007/07/03/carrefour/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/594af710db4806119ef8184cc3f1d6ac?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">LeBurt</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Préliminaires</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com/2007/06/03/preliminaires/</link>
		<comments>http://leburt.wordpress.com/2007/06/03/preliminaires/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 04 Jun 2007 03:29:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leburt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Heuristique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leburt.wordpress.com/2007/06/03/preliminaires/</guid>
		<description><![CDATA[Il existe une aura spéciale autour des salles de bal, quelles qu&#8217;elles soient. Leur apparat leur confère un cachet digne et austère qui s&#8217;imprègne sur leurs occupants dès leur entrée. Les tapisseries dorées obligent à les regarder de près et d&#8217;une moue dédaigneuse défient de trouver de quel matériau la structure sous-jacente est composée. Les [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=61&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il existe une aura spéciale autour des salles de bal, quelles qu&#8217;elles soient. Leur apparat leur confère un cachet digne et austère qui s&#8217;imprègne sur leurs occupants dès leur entrée. Les tapisseries dorées obligent à les regarder de près et d&#8217;une moue dédaigneuse défient de trouver de quel matériau la structure sous-jacente est composée. Les chandeliers lancent des éclats hautains en chassés-croisés dont l&#8217;incandescence jaunâtre se heurte à l&#8217;argent de la coutellerie et au cristal des verres avant de se répandre sur les robes et vestons. Le tapis cache ses coutures aux regards gênés, ne laissant paraitre qu&#8217;une démarcation tirée au fil avec le plancher de bois dur dont le vernis se laisse prendre pour une mare d&#8217;huile fraichement répandue. Les chaises capitonnées ne trahissent leur origine qu&#8217;aux yeux coquins qui oseraient en inspecter le dessous et tomberaient impoliment sur une étiquette laissée là par mégarde. Les tables nappées, à l&#8217;instar des rondes dames assises devant elles, gardent secret leur âge et semblent se délecter du succès que leur apporte le tissu qui les entoure. Les couverts tous identiques miroitent comme les dents couronnées des gentilshommes qui les découvrent à chaque fois que leurs rires sociaux et trop nombreux leur fait pencher la tête par en arrière.<span id="more-61"></span></p>
<p>Pour les gens qui visitent une salle de bal, l&#8217;illusion est parfaite. L&#8217;endroit inspire une humble admiration pour une richesse qu&#8217;ils ne connaitront probablement jamais. L&#8217;effet est frappant et immédiat surtout lors des premières visites. Tous tombent sous le charme et se disent en entrant qu&#8217;ils y passeront une belle soirée sous une lumière de qualité. Peut-être ce soir feront-ils la rencontre de quelqu&#8217;un de célèbre ou d&#8217;important, une personnalité avec qui ils entretiendront dans les années à venir une relation d&#8217;amitié qui les aidera enfin à sortir de leur quotidien. Les mains se serrent et les regards symétriques se croisent, le bruit des conversations s&#8217;amplifie et se combine à la musique d&#8217;ambiance qui perd du terrain mais que personne ne regrette. Les plateaux circulent sur deux pattes, en équilibre sur cinq doigts, promus par une bouche qui en décrit le contenu alcoolisé qui s&#8217;était jusque là fait attendre.</p>
<p>L&#8217;illusion de grandeur s&#8217;intensifie alors sous les vapeurs calmantes du vin sec et du mousseux. Les rires sont plus faciles, les langues se délient, les motifs des tapisseries se confondent et deviennent unis. Un sentiment général d&#8217;allégresse s&#8217;installe, on ne pense plus aux problèmes de la journée ni même à ceux d&#8217;une année pourrie à la bourse. On oublie les tensions internationales et la récession importante qui s&#8217;est abattue sur l&#8217;Amérique et ne semble plus vouloir lâcher prise. On met de côté les figures alarmantes du chômage au pays. On détourne le regard loin du précipice au bord duquel les indices économiques se baladent. On fait la sourde oreille aux échos des discours néo-religieux qui offrent paix, bonheur et prospérité aux convertis. Non, à l&#8217;instant présent, il faut boire et plaisanter et savoir apprécier un rare moment de calme.</p>
<p>Puis s&#8217;élève au-dessus des têtes à l&#8217;avant de la salle un objet que les jeunes générations trouveront rustique et charmant. Secouée vigoureusement, la cloche envoie des réverbérations sonores qui mettent les discussions aux arrêts et conduisent les convives vers la prison qui les accueillera pendant les prochaines heures. Les chaises se tirent, les vrais gentilshommes sont révélés par leurs gestes courtois tandis que les rustres saisissent pour les évaluer les bouteilles qui agrémenteront le reste de leur soirée. À nouveau les regards s&#8217;échangent et les présentations sont faites lorsque requises.</p>
<p>En silence, une volée de serveurs et serveuses qui ont tous les mêmes traits sérieux sur le visage s&#8217;approche en file indienne depuis la porte de la cuisine pour enfin s&#8217;élancer dans toutes les directions comme des canards effrayés par un fusil tenu par un chasseur nerveux. Les assiettes tombent comme autant de pigeons d&#8217;argile, leur contenu est vert et parfumé. Des tire-bouchons apparaissent, le liège passe sous les nez pendant que le nectar est versé et que les yeux des experts portent leur attention à la façon dont il colle sur les parois de verre. On hoche la tête, signe universel qu&#8217;il est temps d&#8217;arrêter de faire semblant et qu&#8217;il faut verser ce vin qui finira par tout se boire de toute manière.</p>
<p>Pour un observateur extérieur, quelqu&#8217;un qui pourrait à loisir se promener dans la salle et errer sans autre souci entre les tables numérotés, il serait intéressant de comparer les sujets qui animent les petits groupes. Par exemple, à la table numéro cinq, un rondouillard homme dans la cinquantaine raconte des extraits de son voyage en Asie du sud-est qu&#8217;il alimente de faits sur l&#8217;augmentation de la classe moyenne et l&#8217;essor économique qui ne semble pas vouloir ralentir. Certains argumentent que le bloc asiatique, à l&#8217;instar de l&#8217;empire américain d&#8217;avant la récession actuelle, utilise des tactiques économiques qui sont fortement appuyées par les forces militaires en place. On contre-argumente, on ressort l&#8217;histoire de l&#8217;invasion de Pyongyang par la coalition sino-indo-japonaise en guise de support, certains jouent la carte usée de la défense du bien contre les pays du mal, quelqu&#8217;un tente de changer de sujet et se fait ignorer et les querelles se poursuivent jusqu&#8217;au plat de résistance.</p>
<p>Un peu plus loin dans la salle, à la table numéro douze, un homme se fâche contre l&#8217;inactivité perpétuelle des compagnies de téléphonie mobile qui semblent toujours vouloir offrir ce que leurs clients ne veulent pas au lieu de créer un réseau de communication personnel efficace. Il propose de tout radier et de recommencer à neuf, argument tombe à plat devant l&#8217;indifférence des autres invités et l&#8217;insistance de sa conjointe à le voir se calmer et changer de sujet.</p>
<p>Les invités de la table numéro huit sont pris d&#8217;une folle hilarité qui s&#8217;alimente des relances de deux pince-sans-rire qui, à tour de rôle, imitent le premier ministre St-Clair. L&#8217;une après l&#8217;autre les phrases saillantes de l&#8217;allocution qui a lancé sa présente campagne sont prononcées avec d&#8217;irrévérencieux bruits et gestes qui témoignent d&#8217;une absence complète de respect pour le premier mandat du politicien. Après quelques minutes de ce manège, les rires se propagent à deux tables voisines qui renchérissent grassement.</p>
<p>Du côté de la table numérotée quinze, le ton est plus sérieux car pour deux jeunes femmes et un homme, le sujet de l&#8217;heure tourne autour de la crise économique qui s&#8217;est abattue sur l&#8217;Amérique du  Nord et qui depuis un peu moins d&#8217;une décennie progresse comme un cancer qu&#8217;il n&#8217;est plus possible de stopper. La première met la faute sur la relative opulence et indissociable paresse de la classe moyenne qui s&#8217;est enfoncée avec les années dans un cycle syndicaliste plus vicieux qu&#8217;un sable mouvant. La deuxième elle blâme plutôt l&#8217;agressivité et la solidarité des pays asiatiques qui, appuyés d&#8217;une force diplomatique et militaire comme jamais vues auparavant, se sont insinués dans le mode de vie occidental comme une nouvelle grippe dans un cheptel vif stérile. Le troisième quant à lui est disposé à croire que l&#8217;agressivité des États-Unis depuis la fin de la deuxième guerre mondiale est responsable de leur déclin actuel qui malheureusement emporte avec lui toute l&#8217;Amérique du Nord et laisse l&#8217;Europe seule face à la marche inlassable de l&#8217;Orient. Comme pour toute discussion où les opinions sont nombreuses et diverses, les autres attablés écoutent et semblent croire que la vérité se trouve probablement à quelque part au milieu.</p>
<p>Les rires se résorbent à la table numéro deux et une nouvelle discussion prend racine, nourrie des étonnants progrès technologiques en informatique depuis la descente aux enfers de l&#8217;Internet et la naissance de son petit, GlobalNet. Un homme qui ne semble pas faire la différence entre les deux se questionne sur l&#8217;apparente inutilité de la récente substitution. Malheureusement, il ne fallait pas faire ce genre de commentaire à cette table qui se trouve dès lors condamnée à écouter les explications souvent trop techniques d&#8217;un certain monsieur Jeff Richard qui parle sans s&#8217;arrêter des fléaux de l&#8217;Internet tels que la pénurie d&#8217;adresses, l&#8217;absence de protocoles fiables d&#8217;authentification et de sécurité et de la main de fer des grande compagnies de télécommunications. Il commence à peine à expliquer comment ces problèmes sont résolus depuis la venue de GlobalNet que les serveurs viennent retirer les couverts des convives afin de faire place au dessert, laissant monsieur Richard finir en hâte son assiette sous les regards amusés des invités qui passent à d&#8217;autres sujets en petits groupes de deux ou trois.</p>
<p>Ce n&#8217;est que lorsque la cloche sonne à nouveau que les gens regardent leur montre et s&#8217;étonnent du temps qui passe si vite. Les panses bien remplies, encore un peu de crème française au coin de la bouche, une tasse de thé ou de café entre les doigts, tous retournent leur chaise vers l&#8217;estrade pour ne pas fatiguer leur cou pendant que les discours sont prononcés. Un micro est installé derrière un lutrin et de la table d&#8217;honneur se lève un homme aux yeux pâles et intelligents, le teint foncé et la barbe longue mais bien taillée. Une ruée d&#8217;applaudissements s&#8217;élève et le force à découvrir les dents et saluer la foule. C&#8217;est avec assurance qu&#8217;il prend la parole après quelques instants, remerciant les invités de leur présence au diner bénéfice du NPL qui cette année obtient le plus grand succès de son histoire.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Vous êtes bien chanceux,&nbsp;&raquo; plaisante-t-il, &laquo;&nbsp;nous avions pensé tenir cette petite rencontre dans un endroit un peu moins conventionnel et avions choisi la vieille usine de brique de Limoilou. Malheureusement, mon ami Jeff s&#8217;en est emparé avant et l&#8217;a convertie en salle d&#8217;ordinateurs. Il y fait si froid qu&#8217;on n&#8217;aurait pas pu vous servir de café chaud.&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&#8217;homme attend que le grondement aigu de la foule qui rit ne périclite avant de lancer sa riposte.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il faudra faire plus vite la prochaine fois, Ahmed!&nbsp;&raquo;</p>
<p>Entre les deux circule pendant un moment une flamme de pure amitié, puis le discours reprend.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il y a un peu plus d&#8217;une décennie, alors que les barbes étaient plus courtes et les cranes de ces messieurs étaient plus garnis, un petit groupe de gens dont je faisais partie a entrepris ce que bien d&#8217;autres avant eux ont essayé. Ils ont réfléchi à leur avenir et à celui de leurs enfants et ont décidé de se lancer dans la promotion d&#8217;une nouvelle idée. C&#8217;était une méthode qui aiderait à gérer l&#8217;immense complexité reliée à l&#8217;ingrate, à l&#8217;odieuse tâche de gouverner un pays. J&#8217;écoutais Claude et Jessica tout à l&#8217;heure faire rire la majorité de la salle avec leurs imitations pointues. Je pense que les mots ingrate et odieuse sont particulièrement bien choisis.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Et quels débuts nous avons connus! Je n&#8217;ai pas besoin de vous rafraichir la mémoire sur les incidents qui ont marqués nos premières années d&#8217;existence. J&#8217;ajouterai seulement ceci: jamais un groupe de personnes ne pourrait passer à travers ce que nous avons vécu sans former des liens insolubles aux marées du temps. Nous sommes passés de collègues à amis, ceux qui prennent racine les uns dans les autres. D&#8217;un groupe nous sommes devenus une équipe, professionnelle et efficace, capable des projets les plus audacieux. Et pour vous parler de ces projets, mesdames et messieurs, laissez-moi vous présenter l&#8217;invitée d&#8217;honneur de cette soirée, Madame Edna Leclerc.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La salle se lève et l&#8217;ovation qui suit dure plus d&#8217;une minute sans ressac. Les honneurs qui sont dus sont passés par les mains, la voix et les regards d&#8217;admiration. L&#8217;émotion est transmise et reçue proprement, réfléchie dans l&#8217;autre sens et captée par une foule qui intensifie son respect dans un cycle qui ne semble plus vouloir s&#8217;arrêter. Finalement, les gestes et les remerciements et l&#8217;anticipation d&#8217;un discours à la hauteur jettent de l&#8217;eau sur le feu et finissent par en venir à bout.</p>
<p>&laquo;&nbsp;En ce moment,&nbsp;&raquo; fait une voix encore sous le choc, &laquo;&nbsp;je pense que le caveau glacé de Jeff ferait bien mon affaire, on dirait que la température vient de monter tout d&#8217;un coup&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tu es toujours la bienvenue, amène tes patins à glace, on mangera une crème glacée entre les allées.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est beaucoup trop d&#8217;honneurs pour une campagne qui n&#8217;est pas encore officiellement lancée. Merci à tous de cet accueil que je garderai longtemps en mémoire. Et merci Ahmed pour cette introduction que je saurai bien te rendre un jour.&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&#8217;homme en question hoche la tête et une nouvelle volée de claquement des mains s&#8217;élève.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Mesdames et messieurs, cette fois, nous y sommes. Nous savions il y a douze ans que nous en arriverions là un jour. À l&#8217;époque, nous étions contents de seulement nous faire connaitre en lançant ici au pays et pour la première fois dans le monde quelques nouveaux concepts embryonnaires. Notre équation était simple: technologie plus une population capable d&#8217;en voir les avantages, égale une nouvelle façon de gouverner un pays. Une nouvelle démocratie. Une démocratie qui remet le pouvoir entre les mains du peuple.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nous avions deux problèmes à l&#8217;époque. Enfin trois si on compte Pierre St-Clair mais son règne s&#8217;achève alors je ne le compte plus. Le premier: nous n&#8217;avions pas la technologie. Oh, des idées oui, des théories, des bouts de programmes et des petits machins que j&#8217;aimais appeler les télé-bidules, mais c&#8217;était difficile de dire que cette courtepointe de gadgets incomplets était à la base de notre programme. Plus maintenant, grâce à Jeff et à son équipe qui ma foi, semble grossir de jour en jour. Je parle de l&#8217;équipe, Jeff, pas de toi&#8230; Le travail accompli par cet homme extraordinaire culmine ici aujourd&#8217;hui mais est déjà vu par les plus grands cerveaux de notre monde comme du pur génie. Nombreux sont ceux qui évaluent la technologie, la critiquent, essaient d&#8217;en trouver les défauts qui sont aussitôt corrigés par la communauté qui veut croire en ce projet. Jeff, nous n&#8217;aurions jamais pu réussir sans toi.&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&#8217;oratrice fait une pause pour laisser les honneurs à monsieur Jeff Richard qui ne bouge pas de son siège de peur de s&#8217;éclater une artère sous la pression qui réchauffe son visage.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Le deuxième problème, vous l&#8217;avez deviné, nous n&#8217;avions personne pour nous croire. Ça va plutôt mal quand les deux variables d&#8217;une équation sont inconnues, les résultats sont assez décevants. Mais encore une fois, nous avions dans l&#8217;équipe tout le talent nécessaire en commençant par le charismatique et sincère Ahmed Ait-Khader, notre chef des opérations. Doué d&#8217;une plume extraordinaire et d&#8217;une présence d&#8217;esprit inqualifiable, on se demande encore pourquoi il n&#8217;est pas ici à ma place ce soir. Mais je respecte les décisions de mon vieil ami et, entre vous et moi, suis extrêmement heureuse de pouvoir compter sur lui.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La foule rend ses hommages au grand barbu qui se lève prestement et se retourne pour la saluer. Les remerciements continuent, les uns pour des vétérans encore présents, certains pour les nouveaux membres de l&#8217;équipe, d&#8217;autres pour les disparus ayant aspiré à des carrières différentes ou s&#8217;étant simplement faits écartés lorsque le moment état opportun. Une mention spéciale revient au fondateur original du parti qui reste toujours à titre posthume le seul et vrai visionnaire qui a lancé cette entreprise.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il y a douze ans, nous ne savions ni n&#8217;avions rien que notre acharnement à voir changer les choses. Il y a huit ans, nous avions assez progressé pour gagner un siège en chambre, un début modeste qui nous a tous inspiré. Il y a quatre ans, ce sont sept sièges que nous avons remporté, une immense victoire qui témoigne du progrès de nos idées.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est aujourd&#8217;hui le premier jour du reste de notre histoire. Avant même que notre campagne ne soit lancée, nous affichons des résultats au delà de nos espérances les plus optimistes. Nous nous sommes fait des alliés,&nbsp;&raquo; poursuit la candidate en faisant des signes de tête à quelques invités dispersés dans la salle, &laquo;&nbsp;nous avons conquis le coeur non seulement des plus progressistes de note société mais aussi de la gauche modérée et même des conservateurs les plus ouverts. Qui aurait cru cela d&#8217;un parti qu&#8217;on qualifiait d&#8217;extrémiste il y a à peine une décade?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Un murmure difficile à interpréter parcourt l&#8217;audience mais ne semble pas causer de souci à l&#8217;oratrice qui continue sur le même ton.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Les raisons de cette montée sont nombreuses et pour beaucoup circonstancielles. Nous sommes arrivés au bon moment, en pleine crise économique, avec des idées révolutionnaires mais bien ancrées dans la science. Nous avons monté une campagne d&#8217;information bien structurée et expliquée dans des termes que tous comprennent. Nous avons argumenté efficacement contre les propos de nos détracteurs. Nous avons maintenu en place une équipe énergique et compétente. Et le plus important dans tout ça, nous avons gardé le sourire et continué de prendre du plaisir à faire ce que nous faisons.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La foule réagit bien à ce crescendo adroitement placé dans le discours, plusieurs sont tentés de se lever mais les têtes se tournent à la recherche du premier à bondir. Celui-ci ne vient pas et les fessiers restent en suspens sur le bord des chaises et attendent le bon moment.</p>
<p>&laquo;&nbsp;La suite nous parait grandiose et aujourd&#8217;hui, mesdames et messieurs, j&#8217;ose. J&#8217;ose affirmer ma confiance pour l&#8217;élection qui  approche. J&#8217;ose espérer plus que quelques sièges au NPL. J&#8217;ose viser plus haut que le gain de l&#8217;opposition. J&#8217;ose,&nbsp;&raquo; ces dernières paroles criées plus que dites, &laquo;&nbsp;convoiter la victoire! Que la campagne commence!&nbsp;&raquo;</p>
<p>Les ressorts se libèrent et s&#8217;ensuit une ovation debout qui ne semble pas vouloir s&#8217;arrêter. La dame descend chastement de son podium et se mêle à la foule. Les sourires sont larges, les yeux pétillent. Les mains veulent toucher, se serrent et se recouvrent et ne veulent plus lâcher prise. On laisser tomber des bons mots, les paroles encouragent ou bien espèrent laisser une trace dans une mémoire qui saura se souvenir du visage qui les a prononcées.</p>
<p>La cloche retentit une dernière fois cette soirée, on annonce que le digestif est servi dans le lobby. Les serveurs s&#8217;alignent sur les bords de la salle en attendant que le groupe survolté ait laissé place à la triste conséquence d&#8217;un copieux repas suivi d&#8217;un discours électrisant. Ils s&#8217;affairent en vitesse, à la fois contents d&#8217;avoir pu être témoins de ce qui venait de se passer entre ces murs et envieux de la fête qui commence alors qu&#8217;eux doivent travailler.</p>
<p>Vers les vingt-trois heures, un laveur de vaisselle sort de sa plonge pour aller griller une cigarette. Dans une ruelle sombre, deux autres employés regardent de petits écrans, tous éclairés par les mêmes caractères. Une question simple et impossible à confondre s&#8217;y trouve et attend patiemment une réponse. <em>Avez-vous apprécié le discours d&#8217;Edna Leclerc? </em>Le plongeur allume et inhale son tabac en jouant du pouce sur son téléphone portable.</p>
<p><em>Oui.</em></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leburt.wordpress.com/61/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leburt.wordpress.com/61/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leburt.wordpress.com/61/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leburt.wordpress.com/61/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leburt.wordpress.com/61/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leburt.wordpress.com/61/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leburt.wordpress.com/61/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leburt.wordpress.com/61/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leburt.wordpress.com/61/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leburt.wordpress.com/61/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leburt.wordpress.com/61/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leburt.wordpress.com/61/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leburt.wordpress.com/61/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leburt.wordpress.com/61/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leburt.wordpress.com/61/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leburt.wordpress.com/61/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=61&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leburt.wordpress.com/2007/06/03/preliminaires/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/594af710db4806119ef8184cc3f1d6ac?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">LeBurt</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Changement de style</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com/2007/05/30/changement-de-style/</link>
		<comments>http://leburt.wordpress.com/2007/05/30/changement-de-style/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 31 May 2007 04:39:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leburt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Moments de raison]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leburt.wordpress.com/2007/05/30/changement-de-style/</guid>
		<description><![CDATA[Hola, je suis en train de rédiger le prochain chapitre d&#8217;Heuristique et j&#8217;ai décidé de modifier un peu (beaucoup?) le style. Vous me direz ce que vous en pensez, à savoir si vous aimez mieux a) l&#8217;ancien style, caustique et dénudé, ou b) le nouveau style, plus étoffé. Votre opinion compte!<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=62&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hola, je suis en train de rédiger le prochain chapitre d&#8217;Heuristique et j&#8217;ai décidé de modifier un peu (beaucoup?) le style. Vous me direz ce que vous en pensez, à savoir si vous aimez mieux</p>
<p>a) l&#8217;ancien style, caustique et dénudé, ou</p>
<p>b) le nouveau style, plus étoffé.</p>
<p>Votre opinion compte!</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leburt.wordpress.com/62/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leburt.wordpress.com/62/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leburt.wordpress.com/62/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leburt.wordpress.com/62/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leburt.wordpress.com/62/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leburt.wordpress.com/62/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leburt.wordpress.com/62/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leburt.wordpress.com/62/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leburt.wordpress.com/62/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leburt.wordpress.com/62/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leburt.wordpress.com/62/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leburt.wordpress.com/62/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leburt.wordpress.com/62/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leburt.wordpress.com/62/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leburt.wordpress.com/62/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leburt.wordpress.com/62/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=62&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leburt.wordpress.com/2007/05/30/changement-de-style/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/594af710db4806119ef8184cc3f1d6ac?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">LeBurt</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Le progrès des visionnaires</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com/2007/05/28/le-progres-des-visionnaires/</link>
		<comments>http://leburt.wordpress.com/2007/05/28/le-progres-des-visionnaires/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 29 May 2007 04:28:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leburt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Heuristique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leburt.wordpress.com/2007/05/28/le-progres-des-visionnaires/</guid>
		<description><![CDATA[Il a maintes fois été dit qu&#8217;il ne faut jamais sous estimer un groupe de jeunes gens qui désirent changer le monde. En vérité, il n&#8217;y a que cela pour y arriver. Cette jeunesse dont tous les êtres jouissent est un effet secondaire du cycle de la vie, une phase transitoire durant laquelle la mémoire [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=60&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il a maintes fois été dit qu&#8217;il ne faut jamais sous estimer un groupe de jeunes gens qui désirent changer le monde. En vérité, il n&#8217;y a que cela pour y arriver. Cette jeunesse dont tous les êtres jouissent est un effet secondaire du cycle de la vie, une phase transitoire durant laquelle la mémoire s&#8217;emplit des images que l&#8217;on appelle dans le langage humain l&#8217;expérience. De la jeunesse nait la maturité et de la maturité vient la sagesse. Curieusement toutefois, cet effet secondaire possède lui aussi des effets secondaires, un deuxième ordre de conséquences qui imprime à même le tissu de la vie les motifs mêmes de l&#8217;évolution. Sans la jeunesse, rien de nouveau ne serait essayé; sans elle, aucun progrès ne serait jamais accompli. Le manque d&#8217;expérience n&#8217;est pas, comme les esprits conservateurs aiment le penser, une tare qui n&#8217;attend que le temps pour la corriger. Au contraire, les insuffisances des jeunes esprits forcent souvent à poser des gestes qui ne sont pas dérivés d&#8217;une réponse automatique poussée par l&#8217;habitude. Ces actions viennent plutôt d&#8217;une analyse objective de la situation, un exercice d&#8217;intelligence qui donne des résultats aléatoires et parfois surprenants.<span id="more-60"></span></p>
<p>Ainsi, c&#8217;est au temps où les rêves sont fous et l&#8217;énergie pour les accomplir est abondante que jaillit la source du progrès. Comme l&#8217;eau les idées font leur chemin. Certaines sont réabsorbées par la terre et ne feront surface que beaucoup plus tard. D&#8217;autres ruissellent puis sont recueillies et portées par des foules de plus en plus nombreuses. On les boit jusqu&#8217;à ce qu&#8217;elles deviennent les nôtres, on en parle comme si elles venaient de nous. Mais l&#8217;effet est toujours le même, les gens changent et lui font une place dans leur quotidien. Ils l&#8217;enseignent à leurs enfants qui le feront à leur tour, l&#8217;idée se propage jusqu&#8217;au point où il devient difficile de savoir ce qu&#8217;était la vie sans elle.</p>
<p>De ces idées issues de la jeunesse et qui provoquent des vagues de fond, l&#8217;histoire est remplie. Elles sont de natures diverses, il n&#8217;y a qu&#8217;à penser à la découverte des mécanismes de contrôle de l&#8217;électricité et à l&#8217;invention des moyens omniprésents de communication pour se convaincre que certaines idées ont des effets dramatiques sur la gouverne de l&#8217;humanité. Si ces dernières sont de nature technologique ou scientifique, d&#8217;autres exemples couvrent l&#8217;apparition de mouvements religieux où les idées sont métaphysiques ou carrément mystiques mais dont l&#8217;effet n&#8217;est pas moins grand. Entre ces deux extrêmes, des idées sur les systèmes économiques et les structures de gouvernement qui nous encadrent sont toutes aussi puissantes même si souvent difficiles à pousser de l&#8217;avant.</p>
<p>De tous les facteurs qui régissent nos vies collectives, ceux qui mettent en cause la hiérarchie humaine, cette quête éternelle de statut face aux autres de notre espèce, sont les plus difficiles à changer. L&#8217;absorption d&#8217;une nouvelle technologie qui vient combler un besoin pressant et évident est facile, on l&#8217;adopte sans même y penser. La proposition d&#8217;une nouvelle forme de gouvernance est toutefois beaucoup plus difficile à faire avaler et ce, pour maintes raisons qui entrent directement en contradiction avec la fibre compétitive dont nous sommes issus. Encore aujourd&#8217;hui comme autrefois, nos sociétés sont fondées sur des bases hiérarchiques jusqu&#8217;à présent immuables. La lutte sans relâche pour le statut face à nos pairs enrichit notre vocabulaire de mots comme ascension, promotion, grade, nomination, élection, affectation, révolution, trahison, exclusion, destitution, excommunication, renversement, expulsion, chute et déchéance pour ne nommer que ceux là. Pour grimper dans cette pyramide sociale, les efforts et sacrifices sont immenses si bien qu&#8217;une fois l&#8217;ascension complétée, on ne tient plus à redescendre.</p>
<p>Se créent ainsi dans cette politique deux positions distinctes, l&#8217;une qui se déplace vers le haut et l&#8217;autre qui tente de maintenir son équilibre. Il n&#8217;y a pas à chercher loin pour observer une corrélation évidente entre ces positions et les courants de pensée qui caractérisent notre époque. Le progressisme insuffle des idées nouvelles dans l&#8217;espoir de battre un sentier ascendant. Contre lui se bat le conservatisme, retranché dans une position stable afin de maintenir son statut. Le premier regarde vers le futur, l&#8217;autre vers le passé. L&#8217;un est offensif, l&#8217;autre se défend. L&#8217;un suit les principes naturels de l&#8217;évolution, l&#8217;autre stagne et reste en place jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il soit affaibli et délogé par les plus forts.</p>
<p>Les visionnaires de ce monde appartiennent toujours au clan des progressistes. Avec comme seules armes leurs idées nouvelles et la force déterminée de leur jeunesse, ils auront vu une brèche dans la palissade conservatrice, auront émis leur plan et amassé des alliés une fois partis en campagne. S&#8217;amorcera alors une série de batailles, une guerre qui durera plus ou moins longtemps et dont ne sortiront victorieux que les plus forts et rusés combattants.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leburt.wordpress.com/60/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leburt.wordpress.com/60/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leburt.wordpress.com/60/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leburt.wordpress.com/60/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leburt.wordpress.com/60/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leburt.wordpress.com/60/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leburt.wordpress.com/60/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leburt.wordpress.com/60/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leburt.wordpress.com/60/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leburt.wordpress.com/60/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leburt.wordpress.com/60/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leburt.wordpress.com/60/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leburt.wordpress.com/60/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leburt.wordpress.com/60/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leburt.wordpress.com/60/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leburt.wordpress.com/60/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=60&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leburt.wordpress.com/2007/05/28/le-progres-des-visionnaires/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/594af710db4806119ef8184cc3f1d6ac?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">LeBurt</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Valses</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com/2007/05/21/valses/</link>
		<comments>http://leburt.wordpress.com/2007/05/21/valses/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 May 2007 05:48:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leburt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Heuristique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leburt.wordpress.com/2007/05/21/valses/</guid>
		<description><![CDATA[[Pierre St-Clair] Bon matin et bienvenue à notre antenne. Pendant que ma chère Yolande se sert un petit café, je commence en solo sur un sujet qui me pèse sur le coeur. Vous devinez sans doute que je veux parler ici encore une fois d&#8217;Edna Leclerc et de ses acolytes du Nouveau Parti Libéral. Vous [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=59&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>[Pierre St-Clair] Bon matin et bienvenue à notre antenne. Pendant que ma chère Yolande se sert un petit café, je commence en solo sur un sujet qui me pèse sur le coeur. Vous devinez sans doute que je veux parler ici encore une fois d&#8217;Edna Leclerc et de ses acolytes du Nouveau Parti Libéral. Vous savez aussi qu&#8217;il y a deux jours l&#8217;histoire de ces jeunes entrepreneurs a failli tourner à la tragédie et que s&#8217;ils ont évité la catastrophe c&#8217;est uniquement grâce à leur extraordinaire capacité à passer aux actes alors que d&#8217;autres, et je dois m&#8217;inclure aussi dans ce lot, ne savent qu&#8217;utiliser les mots.</p>
<p>Vous serez d&#8217;accord avec moi que ces jeunes ont une audace déconcertante. Leurs idées politiques embryonnaires manquent totalement de finition. Leur expérience avec les rouages de la gouvernance et pour ainsi dire nulle. La façon dont ils prêchent pour cette technologie qu&#8217;ils comptent utiliser pour les aider est insipide et frise le ridicule. Ces révolutionnaires arrivent de nulle part et pensent pouvoir convaincre une population de leur faire confiance, de leur mettre entre les mains le pouvoir et la direction de ce pays pour lequel il a fallu nous battre pour enfin pouvoir extirper des griffes du lion.<span id="more-59"></span></p>
<p>Et pourtant, ils semblent y croire avec toute la force de leur jeunesse. Ces dernières semaines, tout leur est tombé sur la tête, de la mort de leur chef jusqu&#8217;aux soupçons qui pesaient lourd sur sa compagne et successeur. Ce qui me bouleverse dans cette fantastique histoire c&#8217;est la détermination dont ils ont fait preuve. Vous connaissez ma réputation de coureur de corridors dans notre bon vieux parlement. Vous saurez alors que ce que je vous dit est véridique: je n&#8217;en connais pas beaucoup parmi nos politiciens qui auraient su passer à travers ce qu&#8217;ils viennent de vivre.</p>
<p>Il fut peut-être un temps où il fallait montrer de la force et du courage pour diriger un pays. J&#8217;ai en tête des hommes et des femmes qui ont su faire la différence non pas en jouant des jeux dans les coulisses mais en affrontant en face les problèmes et les gens. Mackenzie King, Louis St-Laurent, René Levesque, Laura Rousillon, voilà des gens auxquels j&#8217;aime penser, voilà les gens que je recherche lorsque j&#8217;examine mon bulletin de vote. Hélas, ces valeureux ne se présentent que rarement comme candidats. Les vrais chefs, les leaders de notre société ne s&#8217;exposent plus de la sorte devant un système qui n&#8217;encourage pas les valeurs comme l&#8217;intégrité et la compassion. Ce que nous voyons plutôt à cette époque qui est la nôtre ce sont d&#8217;ambitieuses marionnettes qui n&#8217;arriveront jamais avec leur leadership seul à convaincre et à diriger de l&#8217;avant. Ils vont plutôt regarder et suivre le vote populaire, incapables de l&#8217;influencer comme l&#8217;étaient les fondateurs de notre nation.</p>
<p>Notre démocratie est toutefois bien vivante et si sa santé n&#8217;est plus ce qu&#8217;elle était, il arrive parfois que des nouveaux agents s&#8217;y présentent et proposent de nouvelles façons de tenir le flambeau. Notre pays a besoin de nouvelles idées. Oh, elles ne seront pas toutes bonnes mais il est clair que notre devoir de citoyen est de les écouter jusqu&#8217;au bout et de garder notre jugement pour le jour du vote. Il faut en discuter, les évaluer, soupeser la validité de leur approche, valider leurs méthodes.</p>
<p>Sur ces ondes mesdames et messieurs j&#8217;ai parlé de ces gens à plusieurs reprises car mon devoir de journaliste, par dessus celui de citoyen, est de vous informer de ce que je vois et entend. Ce que j&#8217;ai d&#8217;abord vu est un groupe désorganisé qui, à l&#8217;instar d&#8217;autre partis politiques aux agendas mal définis, trop étroits ou voire même douteux, n&#8217;aurait pas avant longtemps la moindre chance d&#8217;accéder à ne serait-ce qu&#8217;une parcelle du pouvoir. Puis la disparition d&#8217;Alexander Blaine est venue brouiller la soupe.</p>
<p>J&#8217;ai cherché à pénétré la froideur avec laquelle madame Leclerc faisait face à la réalité et je n&#8217;y ai vu, à tort, que complots et manigances alors que j&#8217;aurais dû y voir une combinaison de choc et d&#8217;espoir de retrouver en vie son compagnon. C&#8217;est pourquoi j&#8217;insiste pour lancer ce matin mes plus sincères excuses à madame Edna Leclerc et aux membres du NPL. Je tire de cette histoire plusieurs leçons dont la principale est l&#8217;exemple de force, courage et détermination que vous avez donné tout au long de cette mésaventure. Je suis certain de vous en sortez grandis, aguerris, encore plus capables de poursuivre vos rêves et aspirations pour l&#8217;avenir de notre pays.</p>
<p>Il en va de même pour moi. Cette expérience vient humblement ajouter quelques nouvelles notes à ce concerto qu&#8217;à été ma vie. Je suis assez honnête pour reconnaître que j&#8217;ai eu tort. Je suis aussi de ceux qui aspirent à devenir meilleurs et qui croient que la meilleure façon d&#8217;atteindre ce but est de porter un jugement sur soi-même, de comprendre les leçons qui en découlent et de modifier son comportement en conséquence. C&#8217;est sur ce chemin que je circule présentement et je vous ouvre mon âme en affirmant que j&#8217;espère moi aussi devenir un jour un exemple pour quelqu&#8217;un, un modèle sur lequel d&#8217;autres, peut-être plus jeunes ou n&#8217;ayant pas vécu ce que j&#8217;ai vécu, voudront se calquer.</p>
<p>[pause]</p>
<p>J&#8217;ai bien réfléchi avant de venir vous parler ce matin, j&#8217;ai muri cette décision longuement, seul mais aussi en tenant compte de l&#8217;opinion des amis et collègues qui m&#8217;entourent.</p>
<p>[pause, suivi d'un long soupir]</p>
<p>La conclusion que je tire de cette introspection est incontournable. La nouvelle route que je m&#8217;apprête à prendre est à sens unique. Après vingt-trois ans de journalisme sous plusieurs formes, des années qui ont culminé ici à cette antenne, c&#8217;est avec tristesse mais aussi un grand espoir face à ce qui se présente devant moi, que je vous annonce que je quitterai mon poste très prochainement, quelques semaines tout au plus. Aujourd&#8217;hui, je me sens fort et invulnérable et je compte bien utiliser mes nouvelles armes à bon escient pour vous tous, à votre service, citoyennes et citoyens de notre pays.</p>
<p>[pause]</p>
<p>Au retour de la pause, les actualités.</p>
<p>************</p>
<p>L&#8217;ambiance au Café Frontenac était parfaite pour ce genre de soirée. Bien éclairé en son centre et à la fois intime de par sa forme irrégulière pleine de coins sombres et isolés du bruit, le bistro avait su se créer une clientèle diverse ayant pour toute chose en commun le gout de la discussion autant que celui du bon vin. Un feu de bois qui pendant des heures avait lancé dans la pièce sa lumière effervescente était maintenant mourant. Il semblait regarder avec regret les clients sortir en petits groupes, regrettant leurs écharpes qui les auraient parés contre les derniers froids du printemps. Sur le trottoir, les mains se serraient, les lèvres touchaient les joues, on se disait bonne nuit en souhaitant que la vie nous apporte encore des moments comme ceux-ci.</p>
<p>À l&#8217;intérieur, le barman essuyait les ronds des tables et vaquait à ses autres occupations en ne tenant pas compte du dernier groupe qui venait tout juste d&#8217;ouvrir une bouteille de Médoc et se la passait solennellement pour une dernière ronde de toasts. Il savait qui ils étaient car à moins d&#8217;être un complet ermite, tout le monde dans cette ville les aurait reconnus en un instant. Il ramassa quelques verres et retourna derrière le bar pour leur donner quelques moments de plus. La vapeur du lave-vaisselle embruma ses lunettes lorsqu&#8217;il l&#8217;ouvrit et entreprit d&#8217;essuyer patiemment ses verres, assis pour la première fois depuis le début de la soirée. Il sourit lorsque du coin de l&#8217;oeil il vit son client se lever et porter son verre à son front. De voir cet homme à la barbe forte et au teint assombri par le soleil du désert se permettre un instant d&#8217;ébriété lui souffla une confiance instantanée inspirée par son ouverture d&#8217;esprit. <em>Voilà quelqu&#8217;un qui sait se faire respecter</em>, pensa-t-il alors que l&#8217;autre prenait la parole, empreinte d&#8217;un accent chantant.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Mes amis, mes amis&#8230; notre soirée s&#8217;achève mais voilà que j&#8217;ai quelques paroles pour vous. Soyez sans crainte, elles ne sortent par ce soir du très saint Kuran.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Les quelques rires timides ne vinrent pas gâcher la grâce du moment.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il est important pour moi ce soir de lever mon verre avec vous car en cet instant vous n&#8217;êtes pas mes amis, vous êtes ma famille. En tant que membre de cette famille, il est important de me joindre à vous.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je propose d&#8217;abord un toast à celui qui n&#8217;est plus avec nous, celui dont l&#8217;absence me perce le coeur et m&#8217;arrache les entrailles. Alexander, mon frère, tu as planté en moi comme en nous tous une graine qui a depuis germé et s&#8217;apprête à lancer ses racines dans le sol de ce pays. Ton âme brille encore près de nous, ton travail se poursuivra car j&#8217;ai confiance que tu continueras à nous montrer le chemin comme tu l&#8217;as toujours fait. Je souhaite que notre courage soit à ta mesure et que nos enfants trouveront en toi autant d&#8217;inspiration que celle que tu nous as soufflé.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Les têtes hochèrent, des bruits de reniflements précédèrent ceux de petits sanglots étouffés. Une dame sortit un mouchoir et s&#8217;essuya le visage. L&#8217;Arabe poursuivit.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je lève aussi mon verre à toi, Edna, celle qui parmi nous a le plus souffert de cette terrible tragédie. Sache que tes amis sont là, aujourd&#8217;hui pour t&#8217;aider dans ta peine, demain pour te suivre et te conseiller. Il faudra plus d&#8217;une personne pour poursuivre les rêves ambitieux d&#8217;Alex, nous tous et bien d&#8217;autres à suivre, mais c&#8217;est vers toi que nous nous tournons afin de nous guider ici sur terre. Je bois donc à ta santé et à une longue vie pleine.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Santé!&nbsp;&raquo;, répétèrent les autres en choeur. Les lèvres se mouillèrent.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je pense aussi beaucoup à mon ami Dannie qui n&#8217;a pas reculé devant le danger et a même risqué sa vie pour nous. On ne rencontre pas souvent de valeureux compagnons comme toi, Dannie, tu as toute notre admiration. À la tienne.&nbsp;&raquo;</p>
<p>L&#8217;homme salua et répondit aux honneurs qu&#8217;on lui faisait.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Si seulement j&#8217;avais pu ligoter Spidla un peu mieux&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Oh mais le coup du filet de pompiers pour attraper Jeanne en valait dix comme lui,&nbsp;&raquo; lança un autre et tout le monde applaudit en riant.</p>
<p>Le barbu poursuivit.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Mais tout n&#8217;est pas toujours aussi sérieux. Mon prochain toast va à Jeff. De un pour ses capacités de déduction car il ne faut pas l&#8217;oublier, il a été le premier à démasquer Dr. Evil. Mais aussi pour sa confiance quasi aveugle en moi car si je suis presque certain qu&#8217;il ne s&#8217;en souvient pas, je me rappelle très bien la dernière fois où nous avons bu ensemble. Enfin, Jeff buvait et moi je le regardais, je n&#8217;ai pas toujours été aussi permissif avec moi-même.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il leva son verre et but une autre gorgée sous les applaudissement de ses camarades. Quelqu&#8217;un demanda la suite de l&#8217;histoire.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ce soir là, Jeff et moi avions décidé de me trouver la compagne idéale sur un site Web de rencontres. Je n&#8217;y avais jamais mis les pieds et n&#8217;étais pas trop anxieux de le faire mais on connait tous l&#8217;insistance ne notre ami, quand il veut quelque chose, n&#8217;est-ce pas?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;L&#8217;apanage des grands hommes!&nbsp;&raquo; cria pour sa défense celui qui devait être Jeff.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Après quelques bières et une demie bouteille de Scotch, mon ami ici n&#8217;avait plus beaucoup d&#8217;inspiration mais entre nous, je pense qu&#8217;il n&#8217;était plus capable de lire l&#8217;écran, son grand écran géant en plus. Je lui ai alors demandé juste pour rire s&#8217;il pouvait me créer un nouvel alias pour mon courriel. Je trouvais mon ancienne adresse, ahmedmohammedaitkhader@npl.org, un peu longue. C&#8217;est vrai, elle n&#8217;entrait même pas sur ma carte d&#8217;affaire! Alors Jeff s&#8217;est tourné vers sa console et s&#8217;est repris par trois fois pour taper son mot de passe. Vous savez que d&#8217;habitude, il est impossible à suivre sur un clavier mais ce soir-là, j&#8217;ai tout vu. J&#8217;en ai profité plus tard pour m&#8217;installer un petit programme.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Des ohs et des ahs d&#8217;admiration se répétèrent en boucle. Le présumé Jeff se leva en pointant l&#8217;autre du doigt.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ah c&#8217;est comme ça mon torieux! Attends que je rende ça!&nbsp;&raquo;, cracha-t-il en riant. Les autres firent de même.</p>
<p>Le reste des toasts de fit dans la bonne humeur. Le barman posa son dernier verre avec regret. C&#8217;était toujours difficile de fermer son établissement avec un pareil groupe. Il s&#8217;avança en leur direction, résigné à livrer son message trouble-fête, puis s&#8217;arrêta net. Il fit demi-tour et revint avec une brassée de bois. Avec un tisonnier noirci et tordu par les années, il raviva le feu, alla verrouiller la porte et fermer les stores. Il tamisa un peu plus les lumières puis s&#8217;approchant du groupe qui finissait sa dernière bouteille, se tira une chaise.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Vous permettez que je me joigne à vous? C&#8217;est ma tournée.&nbsp;&raquo;</p>
<p>On l&#8217;accueillit comme il se devait.</p>
<p>&#8212; FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE &#8212;</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leburt.wordpress.com/59/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leburt.wordpress.com/59/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leburt.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leburt.wordpress.com/59/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leburt.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leburt.wordpress.com/59/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leburt.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leburt.wordpress.com/59/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leburt.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leburt.wordpress.com/59/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leburt.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leburt.wordpress.com/59/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leburt.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leburt.wordpress.com/59/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leburt.wordpress.com/59/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leburt.wordpress.com/59/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=59&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leburt.wordpress.com/2007/05/21/valses/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/594af710db4806119ef8184cc3f1d6ac?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">LeBurt</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Affrontement</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com/2007/05/02/affrontement/</link>
		<comments>http://leburt.wordpress.com/2007/05/02/affrontement/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 03 May 2007 05:42:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leburt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Heuristique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leburt.wordpress.com/2007/05/02/affrontement/</guid>
		<description><![CDATA[Ahmed ne comprenait pas ce qu&#8217;il voyait. Au moment où il ouvrit la porte, il vit le Dr. Ruger monter sur une table et tourner le dos à une fenêtre ouverte, un geste sans autre but apparent que de cacher quelque chose de son corps. Ce n&#8217;est que lorsque la voix de Jeff lui parvint, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=58&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ahmed ne comprenait pas ce qu&#8217;il voyait. Au moment où il ouvrit la porte, il vit le Dr. Ruger monter sur une table et tourner le dos à une fenêtre ouverte, un geste sans autre but apparent que de cacher quelque chose de son corps. Ce n&#8217;est que lorsque la voix de Jeff lui parvint, un écho plaintif accompagné d&#8217;un mouvement de tête qui ne dévoila qu&#8217;une mèche de cheveux derrière la hanche de sa ravisseuse. Le portrait se dessina au complet lorsqu&#8217;il vit les pieds de Jeff attachés aux barreaux de la chaise sur laquelle il était assis et les doigts du Dr. Ruger agrippés sur le siège, prêts à le renverser à la moindre démonstration hostile de sa part.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Jeff, ça va?&nbsp;&raquo; Le ton était plus tendu qu&#8217;il ne l&#8217;aurait voulu.</p>
<p>&laquo;&nbsp;N&#8217;entre pas Ahmed, Jeanne était en train de&#8230;&nbsp;&raquo; Il ne put finir sa phrase, le coude de Ruger frappa son maxillaire d&#8217;un mouvement latéral, les cartilages craquèrent, la douleur lui emplit le visage qui enfla comme une baudruche.<span id="more-58"></span></p>
<p>&laquo;&nbsp;Monsieur Ait-Khader, quelle bonne surprise, j&#8217;étais justement en train de causer avec votre ami monsieur Richard. C&#8217;est une bonne idée que vous avez eue de nous joindre. Nous allions aborder l&#8217;utilisation de mon heuristique dans le programme du NPL.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;D&#8217;après ce que je vois en ce moment, je ne suis plus certain que ce soit une bonne idée.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Vite tirée comme conclusion. Jeff est pourtant d&#8217;accord avec l&#8217;idée.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Même si Jeff était en désaccord, je doute qu&#8217;il pourrait nous le dire en ce moment. Jeff, tu m&#8217;entends?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeff grogna.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Assez discuté, Jeanne, il est temps d&#8217;admettre votre défaite et de descendre de là. Nous savons tout sur vous, c&#8217;est fini.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&#8217;ai une meilleure idée,&nbsp;&raquo; répondit-elle calmement avant de vociférer, &laquo;&nbsp;c&#8217;est vous qui allez sortir de cette pièce sinon j&#8217;envoie votre beau chérubin embrasser la rue. À trois&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Attendez&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Un&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Deux&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ahmed recula jusqu&#8217;à la porte et mit la main sur la poignée sans la regarder. Il franchit le seuil toujours à reculons et se retrouva dans le couloir où l&#8217;angle des murs lui empêchait de voir Jeff.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Vous restez là,&nbsp;&raquo; cria le Dr. Ruger.</p>
<p>Ahmed entendit des murmures mais ne put discerner que des syllabes détachées qui formaient des phrases incohérentes. La situation était encore plus grave qu&#8217;il ne l&#8217;avait cru mais maintenant qu&#8217;il était confronté à celle qui avait écorché et enterré Alex, il se demandait comment il avait pu croire ainsi. Sa résolution de mettre hors d&#8217;état de nuire cette psychopathe augmenta et il plaça deux courts appels une fois hors d&#8217;atteinte des oreilles de cette femme tout aussi dangereuse qu&#8217;elle était probablement malade. Puis il revint sur le pas de la porte sans essayer d&#8217;être discret. Il ne voulait surtout pas la faire sursauter.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Dr. Ruger, vous êtes toujours là? Est-ce que Jeff va bien?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il ne peut venir vous parler, il souffre d&#8217;une légère migraine.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ahmed essaya de gagner du temps.</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&#8217;imagine qu&#8217;il est inutile de vous demander pourquoi vous faites tout ça.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tout ça?&nbsp;&raquo; Elle éclata d&#8217;un rire hystérique. &laquo;&nbsp;Tout ça est un accident, Jeff le sait. Ça ne s&#8217;est pas passé tout à fait comme prévu vous savez, c&#8217;est de la faute de ce maudit Grec.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Spidla? Non, il était Russe. Ahmed ne souleva pas la question et détourna le sujet, il la voulait calme.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je sais, vous vouliez simplement qu&#8217;on essaie votre heuristique.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le timbre de sa voix augmenta d&#8217;une octave.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Oui! Mon heuristique. C&#8217;est un chef-d&#8217;oeuvre vous savez. Jamais dans l&#8217;histoire de l&#8217;humanité un outil de gouvernance n&#8217;aura été aussi puissant ni donné autant d&#8217;ailes à un gouvernement démocratique. Vous comprenez ce que je vous dis? Ce n&#8217;est pas qu&#8217;un jouet dont ce pays se lassera après quelques années, c&#8217;est une technologie qui s&#8217;immiscera dans le tissu même de la société, dont plus personne ne pourra se passer. L&#8217;invention de cet heuristique est aussi importante que celle du moteur à combustion interne ou du microprocesseur. Une fois en ligne, c&#8217;est une révolution qui se prépare.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ahmed répliqua que c&#8217;était aussi ce que voulait Alex mais se mordit les doigts aussitôt que sa phrase quittait sa gorge.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je regrette ce qui est arrivé à Alex, vraiment. Il était un vrai homme, pas du tout comme cette mollassonne avec qui il avait choisi de partager sa vie. Quant à Jeff ici présent, je ne sais pas encore quoi faire de lui mais j&#8217;imagine que quelque chose me viendra d&#8217;ici quelques minutes.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Laissez-le partir et prenez moi à la place.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Trop d&#8217;efforts, vous savez ce que ça m&#8217;a pris pour le grimper comme ça sur cette table?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Pourquoi dites-vous qu&#8217;une révolution se prépare?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Pourquoi Ahmed Ait-Khader poserait-il cette question, un si brillant sociologue? Vous essayez de gagner du temps n&#8217;est-ce pas? Pourquoi, la police arrive? Ils vont placer un tireur dans l&#8217;édifice d&#8217;en face et attendre d&#8217;avoir une bonne vue sur l&#8217;arrière de mon crâne, c&#8217;est ça?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ahmed sortit son portable qui vibrait dans sa poche. Il lut l&#8217;écran et décida qu&#8217;il était temps de mettre un peu de pression sur son interlocutrice invisible.<br />
&laquo;&nbsp;Rien de tel, j&#8217;attends un appel d&#8217;un certain monsieur Yokusaru. Je n&#8217;essaie que d&#8217;entretenir la conversation en attendant.&nbsp;&raquo;</p>
<p>S&#8217;il avait été dans la pièce, Ahmed aurait vu le visage du Dr. Ruger tourner à l&#8217;écarlate. Le silence qui suivit confirma qu&#8217;il avait visé aussi juste que le tireur qu&#8217;elle s&#8217;était imaginée.  Il continua.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Il n&#8217;avait pas l&#8217;air très content, peut-être n&#8217;aime-t-il pas qu&#8217;on le réveille en pleine nuit. Il a dit qu&#8217;il me rappellerait d&#8217;ici, oh,&nbsp;&raquo; il regarda sa montre, &laquo;&nbsp;une dizaine de minutes maintenant.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Vos ressources m&#8217;épatent, vous me diriez comment vous avez fait?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tout le monde me pose cette question depuis quelque temps, n&#8217;est-ce pas Jeff? Mais la réponse n&#8217;est pas très recherchée, c&#8217;est Alexis Spidla qui me l&#8217;a raconté.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Une main ouverte s&#8217;abattit sur une surface solide puis un autre long silence. Ahmed enchaina.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Vous n&#8217;avez pas eu de chance avec vos portefaix à ce qui parait. La prochaine fois venez plutôt me voir, je connais des gens biens qui auraient pu faire le travail proprement pour une fraction du prix.&nbsp;&raquo;</p>
<p>C&#8217;est à ce moment que Dannie entra dans l&#8217;édifice et gravit les marches en silence. Ahmed se retira de l&#8217;embrasure du studio de Jeff descendit un étage avec lui.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Elle menace de le jeter en bas par la fenêtre.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Les pompiers et la police sont en bas, opération silencieuse. Ils m&#8217;ont dit qu&#8217;ils seraient prêts d&#8217;une minute à l&#8217;autre. Je pense qu&#8217;ils veulent envoyer un négociateur.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Pas le temps Dannie, à deux nous serons facilement capables de l&#8217;empêcher de pousser Jeff.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Bon, ok, mais attends encore deux minutes veux-tu?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Facile,&nbsp;&raquo; dit Ahmed en remontant prendre son poste.</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&#8217;aimerais parler à Jeff,&nbsp;&raquo; reprit-il.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ahmed,&nbsp;&raquo; lui parvint la voix caverneuse de Jeff après quelques secondes, &laquo;&nbsp;ne lui faites pas de mal.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Dannie et Ahmed se regardèrent, les sourcils froncés et le visage incrédule.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est promis Jeff, tout le monde ici veut régler cette situation le plus vite possible et sans répéter l&#8217;histoire.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le portable de Dannie se mit à vibrer. Il fit signe du pouce que tout était prêt. Les deux hommes entrèrent dans l&#8217;appartement et un seul changement sauta aux yeux d&#8217;Ahmed. Jeff et le Dr. Ruger avaient changé de place, il était maintenant devant, toujours ligoté sur sa chaise, tandis que Jeanne était passée derrière.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ah, le grand Dannie! J&#8217;imagine que c&#8217;est toi que je dois remercier pour avoir démasqué Spidla. Nous avons cru t&#8217;avoir pendant un bon moment, dommage, nous t&#8217;avons sous-estimé.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Jeanne,&nbsp;&raquo; fit Jeff en essayant de se tourner pour voir ce qu&#8217;elle faisait, &laquo;&nbsp;viens devant.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Non mon beau Jeff, tu sais qu&#8217;un échec aussi total que le mien ne sera jamais pardonné. Que je sois capturée, jugée et condamnée, c&#8217;est une chose. De souffrir de la honte devant mes camarades, Yokusaru-sama, Hirimachi-sama et Jinto-san est un supplice que je ne pourrai supporter. C&#8217;est pourquoi je vous fais mes adieux. Nous aurions pu gagner mais je n&#8217;ai pas su faire mon travail correctement.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Jeanne! Non!&nbsp;&raquo;</p>
<p>La pièce continua de réverbérer des lamentations de Jeff longtemps après qu&#8217;elle n&#8217;ait plongé.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leburt.wordpress.com/58/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leburt.wordpress.com/58/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leburt.wordpress.com/58/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leburt.wordpress.com/58/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leburt.wordpress.com/58/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leburt.wordpress.com/58/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leburt.wordpress.com/58/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leburt.wordpress.com/58/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leburt.wordpress.com/58/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leburt.wordpress.com/58/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leburt.wordpress.com/58/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leburt.wordpress.com/58/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leburt.wordpress.com/58/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leburt.wordpress.com/58/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leburt.wordpress.com/58/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leburt.wordpress.com/58/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=58&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leburt.wordpress.com/2007/05/02/affrontement/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/594af710db4806119ef8184cc3f1d6ac?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">LeBurt</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Descente</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com/2007/04/30/descente/</link>
		<comments>http://leburt.wordpress.com/2007/04/30/descente/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 May 2007 05:19:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leburt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Heuristique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leburt.wordpress.com/2007/04/30/descente/</guid>
		<description><![CDATA[Jeff tentait de rentrer chez lui lorsqu&#8217;il s&#8217;aperçut qu&#8217;il était nu. Une panique soudaine s&#8217;empara de ses sens et il jeta des regards saccadés autour de lui. D&#8217;être vu ainsi par ses camarades de classe serait d&#8217;une honte impardonnable et il se demanda s&#8217;il ne valait pas mieux retourner dans l&#8217;école pour se cacher et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=57&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Jeff tentait de rentrer chez lui lorsqu&#8217;il s&#8217;aperçut qu&#8217;il était nu. Une panique soudaine  s&#8217;empara de ses sens et il jeta des regards saccadés autour de lui. D&#8217;être vu ainsi par ses camarades de classe serait d&#8217;une honte impardonnable et il se demanda s&#8217;il ne valait pas mieux retourner dans l&#8217;école pour se cacher et peut-être même retrouver ses vêtements. La porte était toutefois verrouillée et il se rappela sans trop savoir comment qu&#8217;on était dimanche et que l&#8217;école n&#8217;ouvrirait pas avant le lendemain. Comment donc s&#8217;était-il mis dans une pareille situation de toute façon? Il n&#8217;avait pourtant pas l&#8217;habitude de sortir de chez lui en oubliant de s&#8217;habiller. Et comment s&#8217;était-il rendu si loin sans se faire voir? Il oublia les questions puisque les réponses ne venaient pas et se concentra sur le problème devant lui: retourner à la maison incognito. Il fit quelques pas dans la cour de l&#8217;école tout en cherchant autour de lui un bout de carton ou de tissu qui aurait pu lui servir de pagne. C&#8217;est à ce moment qu&#8217;il entendit les cris lointains des enfants qui se tenaient près de l&#8217;église. Il était pris!</p>
<p>Jeff se lança dans une course folle en ligne droite vers sa maison. Avec un peu de chance, il arriverait à les battre de vitesse et de gagner un refuge. Il ne serait pas à l&#8217;abri des quolibets mais au moins une partie de sa dignité serait sauvée. Il tourna la tête brièvement. Horreur! Ils avaient des bicyclettes! Jeff se mit à pleurer et baissa la tête, redoubla d&#8217;efforts. Ses pieds ne bougeaient pas, quelque chose le retenait par le ventre et l&#8217;empêchait d&#8217;avancer. Les garçons avaient franchi la moitié de la distance et poursuivaient leur violente chevauchée en remplissant l&#8217;air autour d&#8217;eux des rires fébriles de l&#8217;anticipation. Jeff avait perdu tout espoir et était sur le point de s&#8217;effondrer. Sa conscience vacilla un instant puis de nouveaux souvenir l&#8217;emplirent. <em>Je ne suis pas un écolier, je n&#8217;habite plus chez mes parents</em>.<span id="more-57"></span></p>
<p>Il sursauta et ouvrit les yeux, son cerveau englué de la mélasse du sommeil profond. Il était chez lui, pas dans la cour de l&#8217;école. La brume laissée par son rêve se dissipa pour laisser place à une douleur sourde sur le dessus de son crâne. Il tenta de remuer mais ses bras refusèrent de bouger. C&#8217;est à ce moment qu&#8217;il s&#8217;aperçut que l&#8217;angle sous lequel il voyait la pièce n&#8217;était pas habituel, beaucoup trop haut. La réalité de la situation lui revint. L&#8217;entrevue avec Edna. La lettre sur Internet. Il avait trouvé d&#8217;où elle provenait.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Bien dormi monsieur Richard?&nbsp;&raquo;</p>
<p>La voix de Jeanne. Il regarda autour de lui mais ne put la voir. Il tira quelques coups pour dégager ses bras mais les liens qui le retenaient ne voulurent pas céder.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je ferais attention mon beau Jeff, l&#8217;équilibre est un état qui se brise si facilement.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il arrêta net et ne fit plus le moindre geste. Ses mains étaient ligotées derrière son dos, lui même était assis sur une chaise qui elle était juchée sur une table. Sa vision périphérique autant que sa mémoire des lieux lui dit que derrière lui se trouvait la grande fenêtre du salon, ouverte puiqu&#8217;un léger courant d&#8217;air lui caressait le cou.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Au secours,&nbsp;&raquo; cria-t-il jusqu&#8217;à ce que ses poumons se vident complètement de leur air, &laquo;&nbsp;j&#8217;ai besoin d&#8217;aide, quelqu&#8217;un aidez-moi!&nbsp;&raquo;</p>
<p>Le Dr. Ruger rugit et bondit devant lui, lui assénant un coup en pleine poitrine de la paume de sa main. La chaise sur laquelle Jeff reposait glissa sur la table et s&#8217;arrêta lorsque les pattes de derrière s&#8217;appuyèrent contre le rebord de la fenêtre. Jeff pourtant continuait de reculer, pivotant autour de ce point d&#8217;ancrage, une expression de pure frayeur sur son visage, celle de l&#8217;homme qui croit venue l&#8217;heure de sa mort. Le dossier s&#8217;inclina vers l&#8217;arrière, ralentit et reprit sa course en sens inverse. La chaise retomba sur ses quatre pattes avec un bruit sec, projetant la tête de Jeff vers l&#8217;avant.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Hmm,&nbsp;&raquo; dit Jeanne comme pour elle même, &laquo;&nbsp;un peu plus fort la prochaine fois.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeff haletait les yeux fermés, désormais conscient de la précarité de l&#8217;équilibre sont elle parlait. Il ouvrit les yeux et la regarda lui tourner le dos. Il avait envie de l&#8217;accuser, de lui dire qu&#8217;il savait qu&#8217;elle avait écrit et publié la soi-disant lettre d&#8217;Alex. Et il n&#8217;y avait qu&#8217;un pas entre cette lettre et le meurtre d&#8217;Alex. Oh comme il avait envie de tout lui cracher en plein visage et de se vanter de sa perspicacité. La situation toutefois le forçait à se taire. Il aurait peut-être une chance de s&#8217;en sortir s&#8217;il elle croyait qu&#8217;il n&#8217;avait rien découvert.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Pourquoi? Qu&#8217;est-ce que j&#8217;ai fait?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ce n&#8217;est pas parce que tu es idiot jeune homme qu&#8217;il faut me croire pareille. Tu étais sur le point de découvrir que j&#8217;avais envoyé cette lettre et il était facile dès lors de poursuivre le raisonnement n&#8217;est-ce pas?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je ne sais absolument pas de quoi tu parles. Je m&#8217;amusais comme je le fais toujours et paf, me voilà attaché au dessus du trottoir. Si c&#8217;est un jeu, je ne l&#8217;aime pas du tout. Allez, détache-moi s&#8217;il te plait.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Jeff, Jeff, Jeff. Tu es moins con que tu en a l&#8217;air mais je vais en cet instant défaire ton petit manège. J&#8217;ai participé au meurtre d&#8217;Alex, je l&#8217;ai enterré moi-même. J&#8217;ai donné cette information à Pierre St-Clair et a planté la lettre en question sur le cadavre de ton bien-aimé chef. C&#8217;est aussi moi qui l&#8217;ai fait circuler sur Internet, juste pour envoyer les soupçons vers sa charmante mais, oh combien incompétente compagne. Voilà, tu sais tout. Je peux te tuer aussi maintenant.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je soupçonne que tu ne m&#8217;as pas dit tout ça juste pour pouvoir me tuer. J&#8217;attends la suite.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeanne le dévisagea et esquissa un petit sourire.</p>
<p>&laquo;&nbsp;En effet, Jeff, j&#8217;ai une petite proposition pour toi. Le fait est que j&#8217;aimerais bien te garder en vie, tu as un petit côté sexy que j&#8217;aime bien et qui te vient de cette matière grise qui t&#8217;honore. Alors voilà, je te laisse partir et toi et moi devenons copains, qu&#8217;en dis-tu?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Alors tout ce que j&#8217;ai à faire c&#8217;est d&#8217;oublier que tu as tué Alex Blaine et fait accuser Edna et c&#8217;est tout?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Jeff,&nbsp;&raquo; dit-elle sur un ton qui approchait la supplication, &laquo;&nbsp;il faut que tu me croies, je n&#8217;ai jamais voulu la mort d&#8217;Alex. C&#8217;était un accident voilà tout. Je me suis entourée de mauvaises personnes et ils ont gâché mon plan. Je ne voulais qu&#8217;un peu de publicité autour de votre parti, j&#8217;avais choisi ce moment pour entrer en scène, me faire connaitre et m&#8217;intégrer à l&#8217;équipe. Toute la suite n&#8217;a été que pour couvrir cette sale histoire. Jeff, je t&#8217;en prie, il faut que nous travaillions ensemble à l&#8217;implantation de l&#8217;heuristique de gouvernance. Nous avons besoin l&#8217;un de l&#8217;autre.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il dut faire bon usage de son expression faciale car l&#8217;instant d&#8217;après, elle était appuyée contre lui, le visage tourné contre sa poitrine. Elle passa sa main dans ses cheveux, caressa la bosse laissée par une casserole qui ne cuirait plus jamais rien. Elle le regarda en plein visage.<br />
&laquo;&nbsp;Je suis désolée, j&#8217;ai pris peur, je ne savais plus quoi faire. Je veux pouvoir te faire confiance Jeff. Est-ce que je peux te détacher? Vas-tu me dénoncer?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Jeff garda le silence, regarda ses yeux orangés, son visage triangulaire qui l&#8217;implorait. Elle n&#8217;avait jamais été aussi près de lui, il sentait la chaleur de son corps sur le sien et l&#8217;odeur bleue de ses cheveux. Le parfum doux de sa nuque dénudée le narguait, ses bras fermes laissaient deviner des muscles vifs et athlétiques. Pour la première fois dans sa vie, Jeff compris le pouvoir féminin dans toute sa grandeur. L&#8217;ardeur de sa tentation était insoutenable. Lui dire oui et basculer sa vie de l&#8217;autre côté d&#8217;un mur social invisible, celui qui départage les bons des méchants. Lui dire non et perdre ici même sa vie qu&#8217;il avait su maintenir droite et sobre. Son indécision resta suspendue au dessus de lui comme l&#8217;épée de Damoclès, menaçant de trancher son corps ou son âme mais pas les deux à la fois.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Jeanne&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>Ce qu&#8217;il s&#8217;apprêtait à dire le dégouta de lui-même. De flancher si facilement aux moindres effluves féminins était d&#8217;une faiblesse inégalée chez lui. Et pourtant, pourtant, n&#8217;y avait-il pas lui aussi droit? Droit d&#8217;établir une complicité avec quelqu&#8217;un qu&#8217;il considérait charmante et brillante à la fois. Droit d&#8217;unir sa vie à celle d&#8217;une autre, de marcher ensemble dans la même direction. Droit de pouvoir enfin contempler la vie comme une personne normale, avec les mêmes sentiments que ceux des autres. Si longtemps il avait été seul, plongé dans son travail et ses passions, établissant des relations professionnelles où amicales à travers des kilomètres de fibres optiques. Cette femme, Jeanne, était tombée du ciel droit devant lui.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je&#8230;&nbsp;&raquo;</p>
<p>Mais son cadeau était empoisonné comme dans les vieux contes où le diable vient prendre l&#8217;âme des innocents. Combien de damnés s&#8217;étaient faits prendre par la même histoire, celle d&#8217;un échange entre le plaisir immédiat contre considérations futures? Et ces contes ne finissaient-ils pas tous de la même façon, le damné arrivait à battre d&#8217;intelligence le diable et regagnait son âme tout en gardant le trésor? Pourquoi s&#8217;en faire alors qu&#8217;il avait toute une vie pour s&#8217;en sortir? Il avait toute une vie pour l&#8217;amener à accepter la responsabilité de ses crimes, l&#8217;amener de son côté du mur.</p>
<p>Comme il aurait voulu lui prendre le visage à deux mains, la serrer contre lui, lui montrer sans mots l&#8217;issue de sa discussion intérieure.</p>
<p>&laquo;&nbsp;J&#8217;accepte,&nbsp;&raquo; murmura-t-il plutôt, &laquo;&nbsp;détache-moi s&#8217;il te plait.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Elle le regarda un instant, jugeant de la véracité de sa réponse, mais ne vit dans son regard que la seule sincérité dont Jeff était capable. Elle lui sourit et tira la chaise loin de la fenêtre.</p>
<p>Elle avait commencé à s&#8217;attaquer aux noeuds lorsque des pas résonnèrent dans le couloir. Une seconde après la porte s&#8217;ouvrit et Ahmed entra en trombe dans le studio de Jeff.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leburt.wordpress.com/57/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leburt.wordpress.com/57/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leburt.wordpress.com/57/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leburt.wordpress.com/57/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leburt.wordpress.com/57/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leburt.wordpress.com/57/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leburt.wordpress.com/57/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leburt.wordpress.com/57/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leburt.wordpress.com/57/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leburt.wordpress.com/57/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leburt.wordpress.com/57/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leburt.wordpress.com/57/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leburt.wordpress.com/57/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leburt.wordpress.com/57/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leburt.wordpress.com/57/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leburt.wordpress.com/57/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=57&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leburt.wordpress.com/2007/04/30/descente/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/594af710db4806119ef8184cc3f1d6ac?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">LeBurt</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Furie</title>
		<link>http://leburt.wordpress.com/2007/04/23/furie/</link>
		<comments>http://leburt.wordpress.com/2007/04/23/furie/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 24 Apr 2007 04:35:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leburt</dc:creator>
				<category><![CDATA[Heuristique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://leburt.wordpress.com/2007/04/23/furie/</guid>
		<description><![CDATA[Spidla ne semblait pas vouloir souffrir, c&#8217;était un point en faveur de Dannie. Il ne semblait pas non plus tomber pour son bluff et ce point l&#8217;irritait joliment. Dannie n&#8217;avait jamais torturé qui que ce soit et ce n&#8217;était pas là une activité qui figurait sur sa liste de choses à faire avant de mourir. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=56&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Spidla ne semblait pas vouloir souffrir, c&#8217;était un point en faveur de Dannie. Il ne semblait pas non plus tomber pour son bluff et ce point l&#8217;irritait joliment. Dannie n&#8217;avait jamais torturé qui que ce soit et ce n&#8217;était pas là une activité qui figurait sur sa liste de choses à faire avant de mourir. Il comptait faire peur à son captif, lui foutre la trouille pour qu&#8217;il déballe son lot sans avoir à lui toucher. Mais le gaillard avait la peau épaisse, il en avait vu d&#8217;autres de toute évidence. Mais qu&#8217;est-ce qu&#8217;un journalier de station de radio avait bien pu faire dans sa vie pour s&#8217;endurcir à ce point?</p>
<p>Dannie changea de tactique puisque celle-ci ne mènerait à rien à moins qu&#8217;il ne mette ses menaces à exécution. Et encore.  Le temps pressait. <em>Comme toujours quand on me demande quelque chose, </em>se dit-il, <em>c&#8217;est pour hier. Voyons voir si mon bonhomme a quelque chose à se reprocher.</em><span id="more-56"></span></p>
<p>Dannie sortit son téléphone cellulaire, plaça le combiné sur haut-parleur et trompeta le 911 au volume maximal. Un opérateur répondit aussitôt.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je pense,&nbsp;&raquo; dit-il en se plaçant tout près du visage de Spidla qui était toujours ligoté à son lit, &laquo;&nbsp;qu&#8217;il y a quelqu&#8217;un en train de s&#8217;introduire chez moi, pourriez-vous envoyer une patrouille?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Spidla se raidit et secoua la tête. <em>Tiens donc, on vient de découvrir ton point faible.</em></p>
<p>&laquo;&nbsp;Vous n&#8217;avez pas l&#8217;air certain,&nbsp;&raquo; fit l&#8217;opérateur.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Oh, non, fausse alerte, un raton-laveur, je suis désolé de vous avoir dérangé.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Spidla se cogna la tête contre le matelas, déçu et furieux d&#8217;avoir abdiqué si tôt.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je te propose un marché,&nbsp;&raquo; dit-il en tournant son corps à demi, son accent lourd de phonèmes slaves, &laquo;&nbsp;je te dis tout et tu me laisses partir, pas de police.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Dannie réfléchit un instant mais le tic tac de son horloge mentale lui rappela les impératifs temporels dans lesquels il se trouvait.</p>
<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est d&#8217;accord.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Comment savoir que je peux te faire confiance?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Jusqu&#8217;à présent, c&#8217;est toi le criminel ici, je dirais que les problèmes de confiance devraient commencer de mon côté.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Pas assez, je veux une garantie.&nbsp;&raquo;</p>
<p><em>Coriace! Il y a quelque chose qui cloche, Ahmed avait raison. Cet homme ne travaille pas pour St-Clair, c&#8217;est impossible. C&#8217;est peut-être le temps pour le bluff numéro deux.<br />
</em></p>
<p>&laquo;&nbsp;Écoute-moi bien face de rat, je sais pour qui tu travailles alors ne me prends pas pour un idiot. Je sais aussi que tu étais là quand Alex Blaine est mort et suis près à parier ma chemise que c&#8217;est toi qui lui a mis une balle dans la tête. Tout ce que je veux savoir c&#8217;est l&#8217;endroit où tu t&#8217;es débarrassé du corps. Si tu parles, je te laisse partir et je te souhaite de courir vite parce que je vais faire en sorte que la police te rattrape dans la même minute. Si tu continues de jouer au con, j&#8217;appelle les flics tout de suite et je les laisse faire leur travail sur toi. D&#8217;une façon ou d&#8217;une autre, je vais finir par savoir ce que je veux savoir. Alors, quelle porte choisissez-vous de franchir, monsieur Spidla?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Un long silence suivit la plaidoirie de Dannie et il sut qu&#8217;il avait frappé près du centre de la cible. Spidla s&#8217;enterra le visage dans un oreiller et poussa un hurlement de rage, la rage de la défaite.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Sale connard, crétin! Je n&#8217;ai pas tué Blaine, c&#8217;est l&#8217;autre petit con, le Grec! Il avait apporté un couteau le jeune morveux, c&#8217;était un accident.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Dannie bondit tout près de son prisonnier et cogna le mur dans une colère comme il n&#8217;en avait jamais connue. &laquo;&nbsp;Un accident!,&nbsp;&raquo; hurla-t-il d&#8217;une voix qui aurait fait trembler un troupeau de gorilles, &laquo;&nbsp;espèce de salaud, je vais te montrer c&#8217;est quoi un accident!&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Arrête! Ne me frappe pas! Je vais tout te dire! S&#8217;il te plait!&nbsp;&raquo;</p>
<p>Dannie ne tenta même pas de se calmer. Il asséna un violent coup de coude sur celui de Spidla et entendit l&#8217;articulation craquer. Spidla cria à rendre l&#8217;âme, ses poumons se vidèrent et il ne reprit son souffle que pour recommencer, son corps secoué de spasmes involontaires qui ne faisaient probablement qu&#8217;augmenter la douleur. Dannie enterra les cris par le siens pour se faire entendre.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Je te donne trente secondes pour finir ton histoire, compris?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Spidla sanglotait en hochant la tête.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nous avons transporté Blaine dans la forêt près du mont Grizzly sur la route du lac, je peux vous y conduire si vous voulez.&nbsp;&raquo;</p>
<p><em>Inutile! Je le sais déjà. Je veux connaitre ton complice.</em></p>
<p>&laquo;&nbsp;Qu&#8217;avez-vous fait après?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Nous nous sommes séparés, je suis rentré chez moi mais je ne sais pas ce qu&#8217;elle a fait.&nbsp;&raquo;</p>
<p><em>Elle?</em></p>
<p>&laquo;&nbsp;Quand lui as-tu parlée la dernière fois?&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ce matin, elle se rendait chez votre ami, le barbu qui programme des ordinateurs.&nbsp;&raquo;</p>
<p>La pièce sembla rapetisser et se serrer autour de Dannie. <em>Chez Jeff?</em></p>
<p>Qui soit-elle, elle s&#8217;en prenait maintenant à Jeff. Dannie fit s&#8217;ouvrir le couvercle de son téléphone.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ahmed,&nbsp;&raquo; dit-il une fois sorti de la pièce. &laquo;&nbsp;Ce Spidla était présent à la mort d&#8217;Alex! Non, attends, il y a pire, son complice est une femme et elle est probablement chez Jeff en ce moment.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&laquo;&nbsp;Ruger Dannie, c&#8217;est Ruger! Viens me rejoindre chez Jeff tout de suite!&nbsp;&raquo;</p>
<p>Il sauta dans sa voiture et démarra le moteur. Il ignora complètement les cris de rage de Spidla.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/leburt.wordpress.com/56/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/leburt.wordpress.com/56/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/leburt.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/leburt.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/leburt.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/leburt.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/leburt.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/leburt.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/leburt.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/leburt.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/leburt.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/leburt.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/leburt.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/leburt.wordpress.com/56/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/leburt.wordpress.com/56/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/leburt.wordpress.com/56/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=leburt.wordpress.com&amp;blog=493865&amp;post=56&amp;subd=leburt&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://leburt.wordpress.com/2007/04/23/furie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://1.gravatar.com/avatar/594af710db4806119ef8184cc3f1d6ac?s=96&#38;d=identicon&#38;r=G" medium="image">
			<media:title type="html">LeBurt</media:title>
		</media:content>
	</item>
	</channel>
</rss>
