Jeff tentait de rentrer chez lui lorsqu’il s’aperçut qu’il était nu. Une panique soudaine s’empara de ses sens et il jeta des regards saccadés autour de lui. D’être vu ainsi par ses camarades de classe serait d’une honte impardonnable et il se demanda s’il ne valait pas mieux retourner dans l’école pour se cacher et peut-être même retrouver ses vêtements. La porte était toutefois verrouillée et il se rappela sans trop savoir comment qu’on était dimanche et que l’école n’ouvrirait pas avant le lendemain. Comment donc s’était-il mis dans une pareille situation de toute façon? Il n’avait pourtant pas l’habitude de sortir de chez lui en oubliant de s’habiller. Et comment s’était-il rendu si loin sans se faire voir? Il oublia les questions puisque les réponses ne venaient pas et se concentra sur le problème devant lui: retourner à la maison incognito. Il fit quelques pas dans la cour de l’école tout en cherchant autour de lui un bout de carton ou de tissu qui aurait pu lui servir de pagne. C’est à ce moment qu’il entendit les cris lointains des enfants qui se tenaient près de l’église. Il était pris!
Jeff se lança dans une course folle en ligne droite vers sa maison. Avec un peu de chance, il arriverait à les battre de vitesse et de gagner un refuge. Il ne serait pas à l’abri des quolibets mais au moins une partie de sa dignité serait sauvée. Il tourna la tête brièvement. Horreur! Ils avaient des bicyclettes! Jeff se mit à pleurer et baissa la tête, redoubla d’efforts. Ses pieds ne bougeaient pas, quelque chose le retenait par le ventre et l’empêchait d’avancer. Les garçons avaient franchi la moitié de la distance et poursuivaient leur violente chevauchée en remplissant l’air autour d’eux des rires fébriles de l’anticipation. Jeff avait perdu tout espoir et était sur le point de s’effondrer. Sa conscience vacilla un instant puis de nouveaux souvenir l’emplirent. Je ne suis pas un écolier, je n’habite plus chez mes parents. Lisez la suite de cette entrée »